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Apologie de la Déraison (4)

[Me sentant quelque peu fautif de l'abandon des lieux, je vous propose toujours de quoi grapiller dans l'attente de quelque chose de plus long - mais paradoxalement peut-être moins consistant. Bon appêtit !]

- Chaque jour, chaque heure passée dans ce monde dans l’acceptation béate et naïve de ce qu’il est n’est qu’une ligne de plus inscrite sur les pages noircies d’un traité d’inconsistance à l’égard des masses.
Le monde s’efface faute de volonté de changement, faute d’imposition d’un quelconque vouloir. L’abrutisation tourne à plein régime, sans relâche, et tandis qu’il pourrait s’étouffer à force de hurlements, le monde préfère opter pour le silence.
Un silence qui aboutit pourtant à un résultat similaire, celui d’une asphyxie, alors que la société se rétracte sur elle-même, lentement, avec vice et uniformité.
L’oeuvre salvatrice de la folie a été proscrite, et le génie, enfermé lui aussi, est soumis à des tentatives successives d’anéantissement. Il résiste, mais pour combien de temps encore ?

- “On se joue de nous !”, voilà la formule que vous psalmodiez à longueur de journée, dans un long gémissement ininterrompu. Mais qui réclame continûment des pitres pour après s’en plaindre ?

- Voulez-vous que le penseur vende ses maîtres à penser pour vous aider à le comprendre ? Vous n’y verriez plus que de rudimentaires maîtres-penseurs l’assistant dans son exercice de voltige mentale.
Ouvrez les yeux ; en réalité, vous ne feriez qu’admettre intrinsèquement votre incapacité à réfléchir !

- Ô combien il est reposant de ne point se poser de question. Combler le problème de la théologie par l’adhésion aveugle est un bien bel échappatoire !
Le doute incessant est quant à lui harassant, le questionnement perpétuel du pourquoi des origines est une attitude si éreintante. Mais, il semblerait que le doute élève l’esprit, là où la cécité prend un malin plaisir à le rétrécir.
L’heure est venue de faire rugir les neurones !

Regrets éternels

Bonjour les gens, bonjour à toi l’internaute en dérive sur la mer internet, bonjour à vous tous, passagers d’un temps sur ces terres de nomade (le doute n’est-il pas une errance ?)…

Bon, trève d’emphase, je tenais à m’excuser pour le relatif abandon des chroniques ces derniers temps, mais aussi pour les jours à venir, du moins jusqu’à la mi-juin environ.

N’espérez pas plus de 3 ou 4 chroniques au plus je crains. A suivre.

Quoi qu’il en soit, merci à vous pour la lecture régulière que vous me consacrez.

Hasta luego !

Apologie de la Déraison (3)

- Lorsqu’une question est posée, il ne s’agit pas d’y répondre. Il faut avant tout la comprendre.

- Celui qui prétend que l’on réfléchit dans l’action, ou bien n’a jamais agit, ou bien ne réfléchit pas.

- Le problème fondamental qui est posé par le retentissant “Dieu est mort”, est que, par cette affirmation, si Dieu est bien mort, il n’en a pas pour autant moins vécu.
La créature s’est révoltée, mais aussi loin qu’elle puisse pousser sa lutte acharnée, elle ne pourra se départir de sa condition d’entité engendrée. Le doute est sa condition de vie, et sa réalité est qu’elle n’a pas souhaité sa propre existence. Qui est alors responsable ? Dieu, Darwin ou l’ovulation ne sont que de faux prétextes à l’homme déresponsabilisé.

Apologie de la Déraison (2)

- Il s’agit de remettre le paradoxe à l’ordre du jour. Il n’y a pas de force sans faiblesse, pas de charisme sans défaut. Comment pourrait-il y avoir de la tendresse, s’il  n’y a pas d’abord la compassion ?

- Toute contradiction créée un moment d’incertitude, d’incompréhension et enfin de révolte. L’intensité et la durée de cette révolte dépendent uniquement de l’ampleur de cette contradiction et de sa récurrence dans la vie quotidienne.

- Nos philosophes contemporains ne sont pas des philosophes, ce sont des penseurs de l’aussitôt.
Les pauvres n’ont pas compris que la Littérature, la seule, celle fondamentale, celle avec son Aile majuscule, est tournée vers l’éternité. Non vers cette heure déjà écoulée que les hommes et l’Histoire ont oubliée et que, pourtant, nos penseurs instantanés commentent avec vanité.

- Les grands auteurs sont formidables : ils nous donnent autant envie d’écrire qu’ils nous en rendent incapables.

Adieux à la Seine

C’est reparti. J’ai pondu à nouveau un texte pour la Criminologie ; quelques pages comme rarement - voire jamais - je n’en écris.

Qualifiez-les de sombres, de violentes, d’incorrectes, de trash, de dégoûtantes si vous voulez. Vous n’auriez peut-être pas tort. En même temps, qui a idée de vous demander de faire une rédaction “dans la tête du tueur” ?

Le résultat est, il faut bien néanmoins l’admettre, quelque peu apaisant après le défoulement de violence. Bonne lecture quand même. (et évitez de m’attribuer des tendances psychopathique, masochistes et machistes après ça !)

C’est par ici : adieux-a-la-seine

Questionnaire bouquins !

J’ai été absent ces derniers temps, et je le serai sûrement dans les jours/semaines à venir (boulot, quand tu nous tiens). Néanmoins, entre deux escapades internet, et via un détour par le Café Salé (www.cfsl.net), je découvre qu’Emile Zwaltek (photographe de talent à toute heure du jour et de la nuit - mais j’aurai sûrement l’occasion de vanter ses mérites sous peu, en attendant, ça se passe là pour les curieux : www.nopsir.org/index.php/) a un frère qui voudrait potentiellement se lancer dans une librairie online.

Or, dans ce but, il effectue un questionnaire afin d’avoir un aperçu des demandes potentielles de la clientèle future. En tant qu’inconditionnel des livres, je me permets de relayer l’information ; ça se passe là : http://www.deslivres.fr/limesurvey/index.php?sid=78799&lang=fr.

Quelques minutes à peine suffiront à y répondre. Merci à vous !

Pages nocturnes (17) - Giraudoux

Jean Giraudoux est un souvenir lointain, un des rares bon souvenir de lecture imposée dans le cadre scolaire. C’était en première, pour La guerre de Troie n’aura pas lieu et ce dramaturge m’avait laissé une bonne impression. Je renoue donc avec ce dernier, une fois de plus dans un univers grec, avec Amphitryon 38.

Pourquoi “38″ ? Parce que 37 versions d’Amphitryon auraient précédé celle de Giraudoux. Mythe ou réalité, sans doute un peu des deux, après tout, ce ne sont pas les Grecs qui s’opposeraient à cette fantaisie.

Et cet Amphitryon 38 nous amène donc auprès des dieux et des hommes, tandis que Jupiter, qui n’en est pas à un cocufiage près, tombe amoureux de la belle Alcmène, épouse d’Amphitryon. Aussi décide-t-il de descendre sur terre partager la couche de la belle humaine. Le propos oscille entre l’amour, la guerre et l’humanité, le tout saupoudré des décalages qu’affectionne Giraudoux (moins anachroniques que ceux qui parsèment La guerre de Troie n’aura pas lieu cependant).

Les dieux se jouent des hommes, les hommes s’accrochent à leur humanité, l’amour et la jalousie rivalisent de ligne en ligne, tout cela pour parvenir à ce que la légende soit en règle et, en l’occurence, permettre à Hercule de naître des amours de Jupiter et d’Alcmène. L’ensemble est digne d’un grand Giraudoux et ne fait que confirmer le premier a priori que j’avais eu à son égard. Ca n’égale pas Anouilh (Becket ou Antigone) par la simplicité ou le comique, ni Camus par la force (Les Justes ou Caligula), mais l’ensemble est empreint de finesse et de justesse ; en un mot, de qualité.

“Parfois j’aime une femme. Mais pour l’aborder, il faut lui plaire, puis la déshabiller, la rhabiller ; puis, pour obtenir de la quitter, lui déplaire… C’est tout un métier.”

“L’amant est toujours plus près de l’amour que de l’aimée.”

“Maintenant que la légende est en règle, comme il convient aux dieux, réglons au-dessous d’elle l’histoire par des compromissions, comme il convient aux hommes…”

Film du jour (19) - Stardust

On ne peut pas avoir bon à chaque fois, bien hélas. A nouveau recommandé par Light, Stardust, le mystère de l’étoile ne m’aura pas convaincu, vous l’aurez compris. Explications.

Stardust nous entraîne dans les pas de Tristan, quelque part en Angleterre ; éperdument amoureux de Victoria, il part “de l’autre côté du mur”, lieu où il est interdit de pénétrer (autant que possible) qui s’ouvre sur un univers fantastique où navires volants, sorcières, princesses en captivités et princes querelleurs se croisent sans interruption, et tout cela pour en ramener l’étoile qui s’y est écrasée.

Le résumé peut paraître gentillet, mais fort est de constater malgré cet aspect que les idées sont là, et qu’il y avait de quoi en tirer quelque chose d’intéressant. Manque de bol, l’histoire elle-même met vingt bonnes minutes à débuter (puisque le spectateur suit avant tout les mésaventures du père de Tristan), et quand elle débute enfin, c’est pour partir dans tous les sens. Certes, Tristan y est officiellement le protagoniste. Mais cela ne nous empêche pas d’assister aux luttes intestines pour le pouvoir auprès des princes, de s’intéresser au complot des sorcières et j’en passe. De même, le jeu d’acteur laisse quant à lui à désirer et les protagonistes s’avèrent assez peu convaincants ou outranciers dans leurs mimiques.

Qu’y a-t-il à en retenir me direz-vous alors ? D’abord les princes (dont la majorité se ballade sous forme de spectres plutôt désopilants), mais surtout l’apparition de Robert de Niro dans le rôle du capitaine Shakespeare avec, à ses côtés (bien que trop souvent silencieux), Dexter Fletcher (que l’on retrouve dans le rôle du concierge dans la série Hotel Babylon) qui remontent le niveau par leur simple charisme à l’écran.

Encore une fois, dommage, il y avait de quoi faire un truc fort sympathique. Mais pour le coup (et selon mon avis subjectif), c’est raté.

A l’heure du bilan

Voilà, ça y est, la barre des 1500 visites est franchi. L’heure de faire un premier état des lieux.

Jusqu’à ce jour, un peu plus de 70 chroniques et notes parsèment ce site ; en d’autres termes, une moyenne de 2 jours sur 3 où j’essaye de vous pondre un quelque chose.

Côté visites, un peu plus de 15 visites par jour - ce qui, ma foi, me paraît plutôt honorable - avec un minimum de 2 visites - pas bien ça - et un maximum de 68.

J’ai aussi un aperçu des recherches Google qui amènent les gens jusqu’ici, cela m’aura au moins appris que Rambo III, Ghost Dog et La cité des enfants perdus sont très recherchés (assez étrangement). Et Google, qui m’aura aussi permis de vérifier que oui, internet et le sexe font bon ménage. Et même si je plaide coupable pour avoir moi-même fait mention de choses étranges, quelques êtres étonnants sont passés ici, je cite : ”stings pour homme” (visiblement, un R de moins et tout un monde s’écroule), “salope mûre à Angoulême” (ma foi…), “salope émechée” ou encore “récit SM”. Amis sexués de tous les horizons, bonjour !

 

Pour conclure, et afin de parachever ce bilan, j’aimerais que toutes les personnes qui passent régulièrement par ici se dénoncent en laissant un commentaire à la suite de ce message (même si je sais parfaitement que vous êtes des lecteurs réguliers - merci bien d’ailleurs).

A bientôt !

Film du jour (18) - Slevin

Slevin, le nom sonne peut-être familièrement à vos oreilles. Vous avez du croiser une affiche il y a quelques mois de cela, mais impossible de savoir de quoi il s’agit, de se souvenir de qui était à l’affiche. Et pour cause, Slevin est passé presque inaperçu lors de sa sortie en juin 2006, et ce malgré un casting des plus alléchant. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à remercier Light pour cette découverte cinématographique fort sympathique.

Casting prometteur disais-je… Et pour cause ; Josh Hartnett, Bruce Willis, Lucy Liu, Ben Kingsley ou encore Morgan Freeman se croisent à l’écran. La composition est de qualité, comme le sont le sens du cadrage et les jeux visuels du réalisateur.

Du côté du récit, Slevin nous entraîne dans les pas de Slevin justement, un jeune homme d’une vingtaine d’années, fraîchement débarqué à New York et qui va de malchance en malchance. Largué par sa petite amie, il a aussi perdu son appartement ainsi que son travail et ne manque pas de se faire agresser et voler dès son arrivée à l’aéroport. Et quand il arrive à l’appartement de l’ami qui est censé l’acceuillir, il n’y a bien évidemment personne hormis Lindsey, la voisine quelque peu envahissante.
Jusque là, cela pouvait encore aller pour Slevin. Mais deux gangs rivaux (celui du Boss et celui du Rabbin) lui tombent dessus d’affilé, et à cause d’un quiproquo le prennent pour son ami et lui réclament chacun des dizaines de milliers de dollars de dettes impayées. N’étant pas en mesure de régler les dettes, il se retrouve partie prenante de la guerre des gangs que se livrent les deux hommes.

Le film est de très bonne facture, bien organisé et filmé avec efficacité ; les acteurs ont des rôles à la hauteur de leur stature (Bruce Willis en tueur méthodique, un régal assuré). Seul point noir, quand le film se termine, on se dit qu’on s’est joliment fait avoir avec un récit finalement assez convenu. Heureusement, l’ironie plus ou moins mordante ou absurde qui parsème chaque minute du film ne nous l’aura pas fait remarquer une seule seconde et permet de créer une ambiance propre à un bon film.

A voir si vous en avez l’occasion, vous ne regretterez pas le visionnage !