Apologie de la Déraison (2)

•15 mai, 2008 • 5 commentaires

- Il s’agit de remettre le paradoxe à l’ordre du jour. Il n’y a pas de force sans faiblesse, pas de charisme sans défaut. Comment pourrait-il y avoir de la tendresse, s’il  n’y a pas d’abord la compassion ?

- Toute contradiction créée un moment d’incertitude, d’incompréhension et enfin de révolte. L’intensité et la durée de cette révolte dépendent uniquement de l’ampleur de cette contradiction et de sa récurrence dans la vie quotidienne.

- Nos philosophes contemporains ne sont pas des philosophes, ce sont des penseurs de l’aussitôt.
Les pauvres n’ont pas compris que la Littérature, la seule, celle fondamentale, celle avec son Aile majuscule, est tournée vers l’éternité. Non vers cette heure déjà écoulée que les hommes et l’Histoire ont oubliée et que, pourtant, nos penseurs instantanés commentent avec vanité.

- Les grands auteurs sont formidables : ils nous donnent autant envie d’écrire qu’ils nous en rendent incapables.

Adieux à la Seine

•11 mai, 2008 • 10 commentaires

C’est reparti. J’ai pondu à nouveau un texte pour la Criminologie ; quelques pages comme rarement - voire jamais - je n’en écris.

Qualifiez-les de sombres, de violentes, d’incorrectes, de trash, de dégoûtantes si vous voulez. Vous n’auriez peut-être pas tort. En même temps, qui a idée de vous demander de faire une rédaction “dans la tête du tueur” ?

Le résultat est, il faut bien néanmoins l’admettre, quelque peu apaisant après le défoulement de violence. Bonne lecture quand même. (et évitez de m’attribuer des tendances psychopathique, masochistes et machistes après ça !)

C’est par ici : adieux-a-la-seine

Questionnaire bouquins !

•6 mai, 2008 • 3 commentaires

J’ai été absent ces derniers temps, et je le serai sûrement dans les jours/semaines à venir (boulot, quand tu nous tiens). Néanmoins, entre deux escapades internet, et via un détour par le Café Salé (www.cfsl.net), je découvre qu’Emile Zwaltek (photographe de talent à toute heure du jour et de la nuit - mais j’aurai sûrement l’occasion de vanter ses mérites sous peu, en attendant, ça se passe là pour les curieux : www.nopsir.org/index.php/) a un frère qui voudrait potentiellement se lancer dans une librairie online.

Or, dans ce but, il effectue un questionnaire afin d’avoir un aperçu des demandes potentielles de la clientèle future. En tant qu’inconditionnel des livres, je me permets de relayer l’information ; ça se passe là : http://www.deslivres.fr/limesurvey/index.php?sid=78799&lang=fr.

Quelques minutes à peine suffiront à y répondre. Merci à vous !

Pages nocturnes (17) - Giraudoux

•20 avril, 2008 • Pas de commentaire

Jean Giraudoux est un souvenir lointain, un des rares bon souvenir de lecture imposée dans le cadre scolaire. C’était en première, pour La guerre de Troie n’aura pas lieu et ce dramaturge m’avait laissé une bonne impression. Je renoue donc avec ce dernier, une fois de plus dans un univers grec, avec Amphitryon 38.

Pourquoi “38″ ? Parce que 37 versions d’Amphitryon auraient précédé celle de Giraudoux. Mythe ou réalité, sans doute un peu des deux, après tout, ce ne sont pas les Grecs qui s’opposeraient à cette fantaisie.

Et cet Amphitryon 38 nous amène donc auprès des dieux et des hommes, tandis que Jupiter, qui n’en est pas à un cocufiage près, tombe amoureux de la belle Alcmène, épouse d’Amphitryon. Aussi décide-t-il de descendre sur terre partager la couche de la belle humaine. Le propos oscille entre l’amour, la guerre et l’humanité, le tout saupoudré des décalages qu’affectionne Giraudoux (moins anachroniques que ceux qui parsèment La guerre de Troie n’aura pas lieu cependant).

Les dieux se jouent des hommes, les hommes s’accrochent à leur humanité, l’amour et la jalousie rivalisent de ligne en ligne, tout cela pour parvenir à ce que la légende soit en règle et, en l’occurence, permettre à Hercule de naître des amours de Jupiter et d’Alcmène. L’ensemble est digne d’un grand Giraudoux et ne fait que confirmer le premier a priori que j’avais eu à son égard. Ca n’égale pas Anouilh (Becket ou Antigone) par la simplicité ou le comique, ni Camus par la force (Les Justes ou Caligula), mais l’ensemble est empreint de finesse et de justesse ; en un mot, de qualité.

“Parfois j’aime une femme. Mais pour l’aborder, il faut lui plaire, puis la déshabiller, la rhabiller ; puis, pour obtenir de la quitter, lui déplaire… C’est tout un métier.”

“L’amant est toujours plus près de l’amour que de l’aimée.”

“Maintenant que la légende est en règle, comme il convient aux dieux, réglons au-dessous d’elle l’histoire par des compromissions, comme il convient aux hommes…”

Film du jour (19) - Stardust

•15 avril, 2008 • Un commentaire

On ne peut pas avoir bon à chaque fois, bien hélas. A nouveau recommandé par Light, Stardust, le mystère de l’étoile ne m’aura pas convaincu, vous l’aurez compris. Explications.

Stardust nous entraîne dans les pas de Tristan, quelque part en Angleterre ; éperdument amoureux de Victoria, il part “de l’autre côté du mur”, lieu où il est interdit de pénétrer (autant que possible) qui s’ouvre sur un univers fantastique où navires volants, sorcières, princesses en captivités et princes querelleurs se croisent sans interruption, et tout cela pour en ramener l’étoile qui s’y est écrasée.

Le résumé peut paraître gentillet, mais fort est de constater malgré cet aspect que les idées sont là, et qu’il y avait de quoi en tirer quelque chose d’intéressant. Manque de bol, l’histoire elle-même met vingt bonnes minutes à débuter (puisque le spectateur suit avant tout les mésaventures du père de Tristan), et quand elle débute enfin, c’est pour partir dans tous les sens. Certes, Tristan y est officiellement le protagoniste. Mais cela ne nous empêche pas d’assister aux luttes intestines pour le pouvoir auprès des princes, de s’intéresser au complot des sorcières et j’en passe. De même, le jeu d’acteur laisse quant à lui à désirer et les protagonistes s’avèrent assez peu convaincants ou outranciers dans leurs mimiques.

Qu’y a-t-il à en retenir me direz-vous alors ? D’abord les princes (dont la majorité se ballade sous forme de spectres plutôt désopilants), mais surtout l’apparition de Robert de Niro dans le rôle du capitaine Shakespeare avec, à ses côtés (bien que trop souvent silencieux), Dexter Fletcher (que l’on retrouve dans le rôle du concierge dans la série Hotel Babylon) qui remontent le niveau par leur simple charisme à l’écran.

Encore une fois, dommage, il y avait de quoi faire un truc fort sympathique. Mais pour le coup (et selon mon avis subjectif), c’est raté.

A l’heure du bilan

•13 avril, 2008 • 4 commentaires

Voilà, ça y est, la barre des 1500 visites est franchi. L’heure de faire un premier état des lieux.

Jusqu’à ce jour, un peu plus de 70 chroniques et notes parsèment ce site ; en d’autres termes, une moyenne de 2 jours sur 3 où j’essaye de vous pondre un quelque chose.

Côté visites, un peu plus de 15 visites par jour - ce qui, ma foi, me paraît plutôt honorable - avec un minimum de 2 visites - pas bien ça - et un maximum de 68.

J’ai aussi un aperçu des recherches Google qui amènent les gens jusqu’ici, cela m’aura au moins appris que Rambo III, Ghost Dog et La cité des enfants perdus sont très recherchés (assez étrangement). Et Google, qui m’aura aussi permis de vérifier que oui, internet et le sexe font bon ménage. Et même si je plaide coupable pour avoir moi-même fait mention de choses étranges, quelques êtres étonnants sont passés ici, je cite : ”stings pour homme” (visiblement, un R de moins et tout un monde s’écroule), “salope mûre à Angoulême” (ma foi…), “salope émechée” ou encore “récit SM”. Amis sexués de tous les horizons, bonjour !

 

Pour conclure, et afin de parachever ce bilan, j’aimerais que toutes les personnes qui passent régulièrement par ici se dénoncent en laissant un commentaire à la suite de ce message (même si je sais parfaitement que vous êtes des lecteurs réguliers - merci bien d’ailleurs).

A bientôt !

Film du jour (18) - Slevin

•10 avril, 2008 • 2 commentaires

Slevin, le nom sonne peut-être familièrement à vos oreilles. Vous avez du croiser une affiche il y a quelques mois de cela, mais impossible de savoir de quoi il s’agit, de se souvenir de qui était à l’affiche. Et pour cause, Slevin est passé presque inaperçu lors de sa sortie en juin 2006, et ce malgré un casting des plus alléchant. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à remercier Light pour cette découverte cinématographique fort sympathique.

Casting prometteur disais-je… Et pour cause ; Josh Hartnett, Bruce Willis, Lucy Liu, Ben Kingsley ou encore Morgan Freeman se croisent à l’écran. La composition est de qualité, comme le sont le sens du cadrage et les jeux visuels du réalisateur.

Du côté du récit, Slevin nous entraîne dans les pas de Slevin justement, un jeune homme d’une vingtaine d’années, fraîchement débarqué à New York et qui va de malchance en malchance. Largué par sa petite amie, il a aussi perdu son appartement ainsi que son travail et ne manque pas de se faire agresser et voler dès son arrivée à l’aéroport. Et quand il arrive à l’appartement de l’ami qui est censé l’acceuillir, il n’y a bien évidemment personne hormis Lindsey, la voisine quelque peu envahissante.
Jusque là, cela pouvait encore aller pour Slevin. Mais deux gangs rivaux (celui du Boss et celui du Rabbin) lui tombent dessus d’affilé, et à cause d’un quiproquo le prennent pour son ami et lui réclament chacun des dizaines de milliers de dollars de dettes impayées. N’étant pas en mesure de régler les dettes, il se retrouve partie prenante de la guerre des gangs que se livrent les deux hommes.

Le film est de très bonne facture, bien organisé et filmé avec efficacité ; les acteurs ont des rôles à la hauteur de leur stature (Bruce Willis en tueur méthodique, un régal assuré). Seul point noir, quand le film se termine, on se dit qu’on s’est joliment fait avoir avec un récit finalement assez convenu. Heureusement, l’ironie plus ou moins mordante ou absurde qui parsème chaque minute du film ne nous l’aura pas fait remarquer une seule seconde et permet de créer une ambiance propre à un bon film.

A voir si vous en avez l’occasion, vous ne regretterez pas le visionnage !

Culturons-nous (5) - Mark Knopfler

•9 avril, 2008 • 2 commentaires

Les rythmes ondulent entre pop et country ; ce soir à Bercy, Mark Knopfler nous fait traverser l’ensemble de son répertoire en l’espace de deux heures. Le tour d’horizon n’est pas exhaustif, mais il couvre aussi bien les grandes heures de Dire Straits que les erreurs de parcours (Golden Heart) ou encore les passages obligés (Shangri-La et Sailing to Philadelphia).

Certains disent que Mark Knopfler, détaché de Dire Straits, n’a plus aucun intérêt. Son jeu de guitare aura prouvé que non. Le contact a beau être difficile, le registre d’ouverture peu connu, l’activité sur scène très limitée - Knopfler n’est pas une bête de scène, et sa prestation se résumerait presque a du surplace - et malgré le peu de participation du public, tout change quand résonne les premières notes écossaises de ”What it is”, le rythme lancinant de “Romeo & Juliet”, les airs exotiques de “Postcards from Paraguay”, les grattements rauques de “So far away” ou encore le magistral “Brothers in arms” ; un léger frisson parcourt les milliers de spectateurs, bientôt renforcé par la voix chaleureuse et nasillarde de leur compositeur.

Un peu trop calme peut-être, moins entraînant et moins réceptif que ne l’a été The Police au Stade de France en septembre dernier, mais au final, le public est conquis par ce répertoire incontournable qui évoque plus de 30 ans de composition et de scène. Un grand moment, et même si la chanson est absente de la soirée, le bilan de cette dernière est clair ; ce n’est pas “Money for nothing”… and chicks…?

Le journalisme à l’épreuve des balles

•8 avril, 2008 • 2 commentaires

Le journalisme est un instrument de masse. Tantôt salvateur, tantôt déplorable ; et ces temps-ci, la seconde option l’emporte haut la main.

Robert Ménard, porte-parole de “Reporters sans frontières”, que je croisais un peu plus tôt aujourd’hui sur le parvis de Notre Dame, est là pour nous le rappeler. Voilà deux semaines que le personnage passe sur toutes les chaînes de télévision, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, tirant chaque jour un peu plus la tronche, évoquant sans conviction le problème chinois de sa voix pâteuse et triste, visiblement blasé et dénué de motivation profonde. Une âme en peine dirons-nous.

Mais voilà ; les médias sont là, et comme pour Ingrid Betancourt, voilà une personne de plus promue au rang d’incontournable du moment l’espace de quelques heures. L’instrument médiatique a créé un bouc-émissaire, chargé de sensibiliser le populo, de déblaterer avec platitude pendant que son audimat est présent (et avant qu’il ne se casse la gueule, cela va de soi).

Ah, qu’elle est belle la machine journalistico-médiatique ! Le dernier cours de Criminologie aussi lui aura fait la part belle, archétypes à la clé. Duclos et Le complexe du loup-garou (Cf : Pages Nocturnes 12) avaient ouvert le bal, et la valse continue à grands coups de faits divers énoncés pour attiser le côté voyeur du lecteur, de simplifications réductrices et de parti pris jonglants entre paradoxe et manichéisme (le tout sans contradiction selon l’énonciateur). Attention aux pieds, ainsi qu’aux mains - le gras des presses à imprimer laisse des traces.

Et pendant ce temps-là, Marc-Olivier Fogiel et Thierry Ardisson rapprochent le QI moyen de leur public de l’encéphalogramme de la grenouille pendant que nos CRS enlèvent des banderolles de liberté et frappent des manifestants prônant la démocratie…

 

 

Moi, (EDIT) satirique ?

Et un mémoire de plus !

•2 avril, 2008 • 2 commentaires

Au cas où vous l’ignoreriez, comme si le mémoire d’Histoire ne suffisait pas, j’ai aussi un mémoire de Criminologie à pondre pour la fin septembre. Quel thème a pu poindre dans mon esprit névrosé (merci Sigmund !) vous demanderez-vous ?

Rien de moins qu’un peu de Littérature, de Cinéma, et de Psychologie criminelle : “Hannibal Lecter ; profil fictif / profil réel”.

Au programme, notamment un tour d’horizon de Lecter (le personnage, mais aussi les véritables tueurs qui l’ont inspiré), une comparaison à d’autres tueurs en série de la Littérature et du Cinéma (avec passage obligé par Ellroy, Easton Ellis ou Connelly), un passage par les références présentes dans les livres de Thomas Harris (en particulier William Blake, cela va de soi), une tentative pour comprendre pourquoi Hannibal Lecter est le tueur en série (fictifs et réels confondus) le plus célèbre au monde, ou encore la question fondamentale de savoir si le profil de Lecter est plausible.

En attendant une rédaction future (pas avant août selon toute probabilité), je relis Dragon Rouge avant de m’attaquer au reste de la saga (à noter que Hannibal Lecter : les origines du mal est une véritable daube) sur papier comme sur écran. A déguster avec du chianti, bien entendu.