Une prise en passant (230)

•20 juin, 2017 • Laisser un commentaire

Oaxaca, Mexique, 25 février 2015

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Et ta fraternité, tu te la mets dans le…

•1 mai, 2017 • Laisser un commentaire

Mise en scène pitoyable de 15 jours qui s’achèvera dimanche avec le deuxième tour des élections présidentielles françaises.

Le tirage a laissé la place à un face-à-face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Avec ce résultat se sont déversés des caricatures peut-être pires encore que celles qui avaient déjà été ressassées au cours des mois précédents.
S’y sont ajoutées les simagrées minables des différents partis et candidats éliminés de la course.

Le soir même du premier tour, il y a d’abord ce refus de se prononcer de Jean-Luc Mélenchon, cette façon de rester dans le vague et de ne pas valider les scores donnés sans expliquer pourquoi.
Probablement le Front de Gauche (ou France Insoumise, peu importe, tous les partis finissant par avoir deux noms ces derniers temps) attendait-il de savoir s’il arrivait bien quatrième et non troisième, de voir Fillon expulsé du trio gagnant. Il arrive bien que des scores puissent varient de 0.5% ou même plus entre les estimations de 20h et le lendemain.
Mais à défaut de l’exprimer clairement, certains militants se sont mis à fantasmer, à spéculer sur des manipulations…
L’autre honte, partagée avec Philippe Poutou et le NPA (ou LCR), c’est le fait de ne pas appeler à un vote clair, au moins un vote d’opposition. L’extrême gauche démontre ici son incapacité à se décider, ou plutôt l’égalité à laquelle elle positionne le fascisme et le capitalisme.
Et à défaut de décision explicite, on assiste notamment à une presque justification du choix FN par Raquel Garrido sur France 2.
Gesticulations pitoyables sur lesquelles Marine Le Pen s’empressera de sauter dans les jours suivants pour essayer d’attirer quelques électeurs révolutionnaires révoltés.

Dans ces mimiques débordantes du premier soir, il y a après le grand gagnant, Emmanuel Macron. Pendant que les chaînes d’information nous donnent à voir ce qui ressemble à une grande fête de bobos sortis d’HEC, costards de circonstance et sourires forcés, bondissements enfantins et cris de jouissance, Emmanuel Macron parade comme le nouveau président qu’il n’est pas encore.
Discours creux, il en fait trop dans la mise en scène, avec madame à ses côtés, et le même type d’exultation qu’il avait lorsqu’il beuglait le 10 décembre 2016 « Ce que je veux, c’est que vous, partout, vous alliez le faire gagner, parce que c’est notre projet !!! » avec des points d’exclamation en plus et des airs de Son Goku échappé de son dessin animé.

Ailleurs, François Fillon a la mine blafarde et les yeux encore plus cernés qu’à l’habitude sous ses buissons sourcilleux, Benoît Hamon tire encore plus sur ses traits d’écureuil hésitant. Tous les deux prennent la responsabilité de leur échec, appellent à voter Macron.
Leur échec, ils l’oublient un peu vite, c’est l’échec de leurs primaires (au même titre que la primaire d’EELV, qui n’aura servi à rien), qui auront été en grande partie des primaires contre : pour éloigner les deux petits nerveux, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy.
Merci pour vos euros, le double chez LR (UMP) par rapport au PS (futur Les Démocrates ?). Ca a l’avantage de rembourser une partie des ratés de Sarkozy-Copé et les usages abusifs de Fillon.
Remarquons tout de même la fidélité de cette droite relativement traditionnelles, aux valeurs chrétiennes bien ancrées : « je ne vous demande pas de m’aimer, je vous demande de me soutenir ». Et ils l’ont fait à hauteur de presque 20%, petits polos Lacoste sur eux, et une larme à l’oeil en songeant à la dérive de Pénélope et aux tourments de leur Ulysse.
Peu ou pas de suspense, de révélation à venir de la part des deux candidats déchus, les médias s’en désintéressent (exception faite des costumes, cela va de soi).

Le premier mai au milieu, l’assassinat d’un policier 48h avant le premier tour font ressusciter Jean-Marie Le Pen, le temps d’une tirade malvenue où les obsessions de naguère du FN refont surface : plutôt que de souligner la race (avec un r roulant, n’est-ce pas, et des intonations poussiéreuses) du meurtrier, c’est la sexualité de la victime qui est mise en avant. C’est un pic, c’est un cap, et c’est donc sur le menhir lui-même que la fille de Polyphème vient se fracasser.
La célébration du premier mai a donc lieu en deux endroits séparés pour le père et la fille. Une façon de tenter d’affirmer que le FN a bel et bien un nouveau visage ? De ne pas souscrire aux affirmations du patriarche ? Ou de limiter les dégâts quand certains électeurs préfèreraient entendre plus d’insécurité, ou une répulsion tournée vers d’autres visages…

Bataille de stéréotypes, pendant qu’on crache sur la finance à visage humain chez les Le Pen, en face, Macron s’essaye au désherbant sur les racines du Front.
Bond de plus de 50 ans en arrière, pour stigmatiser les complices de ceux qui se voulaient assassins du Général de Gaulle !
Quelle actualité, alors que le tiers des électeurs au moins n’était pas encore né quand Charles au grand pif mourait (et près de la moitié de la population).
Un passage également pour Macron par le mémorial de la Shoah, avec tous les sous-entendus que cela comporte, rappel sans l’exprimer clairement du détail de l’histoire
Bref, un jeu grotesque de pieds-de-nez qui peut-être culminera autour du débat télévisé de mercredi.

Siné, 1968

Dans le même temps, soulèvement populaire dans quelques lycées de France, au cri d’un ni-ni que résume assez bien Damien Saez avec sa nouvelle chanson « Premier mai », 15 ans après celle qui avait été composée pour le Chirac-Le Pen de 2002 « Fils de France ». C’est puéril et démontre une incompréhension (partagée par beaucoup, à juste titre) que, plutôt que de tenter de comprendre ou de résoudre, on se contente de crier. Sans suite.
Et, comme parfois en 2002, naît l’inquiétude de voir ce qui s’apparente finalement à un refus du système démocratique.
Près de 45% de votants qui ont exprimés leur choix ont été cons, voire sont des cons ? Et après ? C’est le système, ça ne sert à rien de leur mettre sous le nez, si ce n’est de renforcer un peu plus leur choix, ou de faire naître des vocations supplémentaires chez certains. Le refus s’exprime dans les urnes. Il s’exprimera après le vote, face aux décisions. Il n’a pas à s’exprimer entre les deux tours par des blocages ou manifestations portés par un idéal anti-système, anti-tout, mais pro-rien.

Dernière halte par les images proposées, comme je l’avais fait en pronostic de la chute du petit teigneux.

Variantes proche du zéro, plan un peu plus rapproché pour la seconde, la détermination laisse la place à un très léger sourire. Aucun espace pour respirer, les cheveux sont coupés, les épaules disparaissent derrière le cadre, le fond n’est plus humain ni naturel, le bleu envahit tout, avec un soupçon de lumière sur la droite.
Le « Ensemble » si chéri (tout devient possible ?), l’adjonction d’un point d’exclamation, et ce regard braqué de face, un peu plus bas. Il ne regarde plus vers le haut, il vous regarde vous, électeur, tente de se montrer un peu plus rassurant, un peu moins déterminé dans son aspect mais par les mots qui l’accompagnent. Bref, c’est vide, ça ne dit rien. Est-ce un appel à s’unir ? Ou bien un rappel que la France est un ensemble ? L’électeur est-il plus pris dans l’ensemble, ou dans la France ? La virgule entretient le doute.
Peu importe ce que vous y comprendrez, Emmanuel Macron sera d’accord avec vous, de toute façon.

Dans tous les cas, les publicitaires côté Macron ne se seront pas trop foulés, faisant dans le copier-coller avec deux pointes de modification.
Images à l’image de la campagne : pas beaucoup d’idées finalement, et beaucoup de remplissage.

Choix inverse ici, le cadre recule.
Dans le premier cas, assez malhabile, les traits sont tirés, le sourire vampirique un peu trop appuyé, le teint blafard rappelle l’ancienne fumeuse et ferait presque entendre la voix éraillée d’héritage familial.
Bleu encore une fois insistant, pour le fond ou les vêtements, pour le logo de la rose.
La première affiche mettait en avant « la France » et « ordre », choix de couleur traditionnel, mais qui convient également à cette idée d’ordre puisqu’il peut rappeler les forces de l’ordre.
Le col est scintillant, peut-être un clin d’oeil au souverainisme du FN, déjà mis en avant dans un clip de campagne il y a quelques semaines, au milieu des côtes bretonnes (ça évite d’avoir à montrer des croix celtiques, mais le GUD et assimilés comprennent aussi bien le message). Cela peut également être renforcé par le « Au nom du peuple ». Notez bien. Ce n’est pas pour ou par le peuple. Uniquement en son nom.

Petite parenthèse : le clip montrait également Richelieu dans un coin, le Richelieu d’Henri-Paul Motte, peint en 1881, celui du tableau Le cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle.
Rappel historique, le siège de La Rochelle, qui dura plus d’un an entre 1627 et 1628, opposa les troupes de Louis XIII aux protestants de la ville soutenus par les Anglais. A la fin, avec à peine 20% de survivants, les Rochelais protestants se rendirent et durent se convertir. La symbolique de force et de religion est claire : l’opposant concerné aujourd’hui a simplement pour symbole un croissant…
Les réflexions autour de Richelieu et la réappropriation de ce face-à-face à la sauce FN ont d’ailleurs suscité une polémique avec la Fédération protestante de France.

Retour à la seconde affiche de campagne. Beaucoup l’ont noté, un choix très féminin, où la pose, le fait que déborde légèrement un jambe mettent en avant une forme de douceur, d’apaisement. Les couleurs ont été rehaussées, quelques traits du visage effacés, la bouche fermée.
Et puis surtout, il y a le bois. Le bois et la bibliothèque. Choix évident pour rappeler la majorité des photos présidentielles, particulièrement Nicolas Sarkozy si l’on prend en compte le choix du plan, drapeau européen jeté à la poubelle cela va de soi.
Enfin, le « Choisir la France » où la logique nous conduit, avec les deux premiers mots, à considérer que celle qu’il faut choisir, c’est justement celle qui figure sur la photo.

Le FN montre ici ses ambitions : quand Emmanuel Macron parade en président au soir du premier tour, Marine Le Pen figure en présidente sur son affiche.
Elle rappelle également qu’elle bénéficie de justement ce qui fait terriblement défaut à Macron : une tradition.
Là où il vend une simple image de mannequin bellâtre, jeune premier, elle propose une force, assez dure dans la première image, sorte de force tranquille dans la seconde, déjà couronnée.

Conclusion de tout ceci : relisez Alexandre Dumas.
A la fin, Richelieu, il perd – n’en déplaise à Milady.
Manque de bol, il n’y a pas les mousquetaires en face, et le score risque d’être élevé.

Le jour où j’ai vu mourir la Cinquième République

•23 avril, 2017 • Un commentaire

58 années, 6 mois et 17 jours.

C’est le temps qui se sera écoulé, au jour du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, depuis le 5 octobre 1958, le jour où est entrée en application la constitution de la Cinquième République. C’est le temps qu’aura mis la Cinquième République pour s’avérer une bonne fois pour toute caduque et pour agonir.

La Cinquième République, depuis 1965, repose pratiquement à chaque élection sur un balancement antinomique, une opposition continue entre droite et gauche. Deux exceptions toutefois à ce jeu de balancier : le départ précipité de De Gaulle, qui amène Georges Pompidou face à Alain Poher en 1969, et bien sûr le second tour de 2002 qui voit Jacques Chirac faire face à Jean-Marie Le Pen.
Toutes les autres élections ont vu s’opposer des candidats issus des partis principaux de la droite et de la gauche.
En 1965, c’est de Gaulle qui est contre Mitterrand.
En 1974, c’est Giscard d’Estaing qui l’emporte face à Mitterrand.
En 1981, distribution inversée.
En 1988, Mitterrand qui reste face à Chirac.
En 1995, Chirac qui gagne face à Jospin.
En 2007, Sarkozy qui l’emporte sur Royal.
En 2012, Hollande qui devance Sarkozy.

Ce jeu grotesque de démocratie, limité dans la quasi-totalité des cas à deux partis centraux n’est pas sans rappeler l’alternance assez souvent moquée des Etats-Unis d’Amérique.
A tel point que le dernier prétendant de la droite, petit nerveux qui sans cesse a arrêté la politique pour mieux la reprendre, trop content d’être rappelé dans les défilés officiels pour s’incruster dans les premiers rangs, ce conquérant de la Libye et chercheurs d’alibis – pour se débarrasser des éternelles casseroles – a poussé le vice jusqu’à faire renommer son parti Les Républicains.
Il ne manquerait qu’au Parti Socialiste de vouloir se baptiser Les Démocrates pour parachever ces pitreries.

Mais voilà ce que nous réserve potentiellement le 22 avril 2017 : non seulement la fin de ce grotesque jeu d’alternance, mais peut-être également la pierre tombale à la fois pour ces deux partis et pour la Cinquième République.
Trop souvent, les voix centrales de la gauche socialiste et de la droite populaire/républicaine n’ont cessé de nous mettre en garde, de s’inquiéter pour la survie de la Constitution, de nous prévenir d’un danger. Que les choses soient claires : il s’agit là d’un mensonge. La fin de la Constitution telle qu’elle est définie à l’heure d’aujourd’hui ne serait en rien l’échec de la démocratie ou l’échec de la France. Bien au contraire.
A moins de croire que nous, citoyens, sommes trop stupides, que nous n’avons pas conscience de l’échec de notre système politique. Cet échec, la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection de 2002 nous l’avait déjà annoncé. La durée du mandat présidentiel réduite à cinq ans en avait été un premier symptôme. Les primaires organisées à gauche comme à droite ont parachevé cette déliquescence : à droite, elles ont démontré les relents nauséabonds d’autoritarisme inhérents au parti, quand déjà en 2007 Nicolas Sarkozy s’arrangeait pour être le seul candidat à sa propre élection, parvenant à éjecter Michèle Alliot-Marie et quelques autres de la course de manière un peu obscure. A gauche, le récent choix de Benoît Hamon et l’enchaînement de fourberies et de traîtrises de la part des six candidats malheureux ne vaut guère mieux. Le système dégénère.

La question se pose donc de savoir si nous devons demeurer spectateurs de cet échec et attendre une agonie que chaque jour risque de rendre plus violente.
C’est lorsqu’il parlait de la France, celle de Louis Napoléon Bonaparte, que Karl Marx écrivait : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands évènements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »
Mais les choses seraient-elles pires, devraient-elles se répéter plus encore que deux fois seulement ? Serions-nous assez aveugles pour que chacune de nos Républiques soient nées dans la violence ?
La première avec la Révolution, qui sombre quelques années plus tard avec Napoléon.
La seconde, née d’une autre révolution, puis renversée par son propre président, Napoléon III.
La troisième, née de la guerre franco-allemande de 1870, et qui s’achève avec le régime de Vichy dans les heures les plus sombres de la France.
La quatrième, née au sortir de la Seconde Guerre mondiale, et qui est mise à mal par les guerres coloniales – en particulier la guerre d’Algérie.
La cinquième s’ouvre sur une sortie de crise du conflit algérien : « Je vous ai compris », en réalité aveu d’incompréhension…

Voilà donc la campagne de 2017, et un autre échec : probablement le plus gros raté de cette bipolarité politique de la Cinquième République. A un peu moins de quinze jours du premier tour du scrutin, il est pratiquement certain que ni la droite ni la gauche traditionnelles ne pourront accéder au second tour.
Pire, il est possible que ni le Parti Socialiste, ni Les Républicains ne figurent parmi les trois candidats de tête, potentiellement devancés par Emmanuel Macron, Marine Le Pen, et Jean-Luc Mélenchon.

Ce serait là l’aveu d’échec le plus retentissant du système.
Mais allons plus loin, à quelques heures des résultats, et faisons confiance aux sondages qui donnent dans l’ordre : Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon.
Si l’on applique une possible variable sur les scores potentiels (entre 25% et 18%), et que nous conservons cet ordre, deux constats s’imposent : le premier, c’est qu’a priori, celui qui a le moins de chance de parvenir au second tour, c’est François Fillon, qui sera relégué troisième ou quatrième.
Ensuite, c’est que la probabilité de voir Macron doublé par Mélenchon est plus forte que celle de voir Le Pen hériter d’une troisième place.
En somme, si la possibilité d’un second tour Macron-Le Pen est, selon les sondages, l’option la plus probable, eh bien l’option de voir un tirage Le Pen-Mélenchon est plus forte que celle de voir Macron-Mélenchon…

Enfin, dernière réflexion quant aux conséquences autour des différentes combinaisons et, surtout des deux plus problématiques : d’abord, cette dernière, qui verrait l’extrême-droite face à un parti d’extrême-gauche, ce qui ne va plaire ni aux électeurs plus traditionnels, ni aux fanatiques que l’on peut trouver dans ces partis, ni aux marchés financiers. Bref, cela annoncerait un joyeux bordel pour les quinze prochains jours.
Autre combinaison problématique (mais très peu probable), un face-à-face Fillon-Le Pen. Voir l’extrême-droite affronter une droite qui au cours des derniers mois a donné une image de plus en plus ridicule d’elle-même, entre corruption (notons d’ailleurs que l’extrême-droite s’est aussi prêtée à ce jeu-là), emplois fictifs et fake news, cet affrontement risque là aussi de mettre le feu aux poudres.

Voilà dans tous les cas la Cinquième République proche de son terme, dans ses derniers balbutiements.
Le Pen élue, les chances de survie du système seraient certainement réduites à néant.
Mélenchon élu, son programme conduit à la mise en place d’une Sixième République.
Macron élu, ce ne serait probablement qu’une dernière inspiration avant un écroulement probable dans la décennie à venir…

Une prise en passant (229)

•2 mars, 2017 • Laisser un commentaire

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Mexico, Mexique, 17 novembre 2008

Une prise en passant (228)

•1 mars, 2017 • Laisser un commentaire

Ubud, Indonésie, 17 février 2014

Une prise en passant (227)

•28 janvier, 2017 • Laisser un commentaire

Beijing, Chine, 1 mars 2016

Une prise en passant (226)

•27 janvier, 2017 • Laisser un commentaire

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Oaxaca, Mexique, 18 décembre 2011