Lapins, avions et RER

Voilà la fameuse lettre que j’ai eu l’occasion d’évoquer. Elle m’a valu, quelques semaines après sa réception, l’envoi d’une peluche lapin. Comme quoi, il y en a qui ont de l’humour ; pour quelques lignes, ça paye ! Je précise que rien n’a été refait et que, oui, j’ai osé l’envoyer en l’état. Bonne lecture (j’espère que j’aurai réussi à vous faire rire) :

      Messieurs,  

     Comme vous le savez sans doute, se tenait en ce samedi 23 juin 2007 le salon de l’aviation du Bourget. Or, à cette occasion, afin de faciliter les mouvements des visiteurs, des bus ont été mis à leur disposition, permettant ainsi à ceux-ci d’être ramenés au niveau du RER B (station Le Bourget) ou du parking dépendant du salon des expositions, c’est-à-dire de vous.

      Comme cela a pu être le cas de quelques visiteurs, j’ai pour ma part échoué, dans la confusion la plus générale et avec ma chance habituelle, dans la mauvaise navette. Me voilà donc en partance pour ce fameux parking et non pour la station Le Bourget. Qu’à cela ne tienne, d’aimables voyageurs m’informent que le RER B passe aussi à proximité du salon des expositions. Ouf ! Me voilà sauf.

     Je descends donc une fois arrivé au parking, et fais machine arrière toute, suivant d’abord la route puis m’enfonçant dans les bois qui bordent celle-ci. Après le métal reluisant des appareils aériens, je suis à présent en contact avec la nature, les oiseaux, et même Bugs Bunny, Roger Rabbit et toute leur bande d’amis lapins sont là, gambadant joyeusement à coups de bonds successifs.

     Mais voilà que la station de RER Parc des expositions se rapproche ; j’abandonne la troupaille des mangeurs de carottes homologuée Walt Disney et m’apprête, comme je l’ai d’abord espéré naïvement, rattraper au plus vite le retard accumulé à cause de cette malencontreuse erreur. Allons bon, ce serait trop simple.

     J’imagine votre désarroi, arrivés au cinquième paragraphe de cette page et vous demandant quel peut bien être votre rôle dans toute cette mésaventure. J’y viens, messieurs, que dis-je, j’y vole (aviation, quand tu nous tiens…). Car, stupeur ! A quelques mètres de la station, alors que celle-ci me nargue de façon outrancière, je m’aperçois qu’un grillage bloque de long en large l’accès à celle-ci. Bon.

     Et ce n’est pas tout ; je rencontre sur mon chemin un couple de compagnons d’infortune qui cherche lui aussi à parvenir jusqu’à la station de RER et qui, arrivant dans un sens inverse au mien, m’informe que le grillage se poursuit encore sur plusieurs centaines de mètres. Alea jacta est, le sort en est jeté, et puisqu’il en est ainsi, je me décide donc à mettre en application mon stage express effectué parmi les lapinidés, tentant de franchir en un bond le grillage – après l’escalade d’un arbre –, de préférence sans trop remuer de la queue.

     Or, vos grillages – car une aimable employée de la RATP m’apprend que ces grillages verts dépendent du parc des expositions – sont loin d’être pratiques comme vous pourrez le constater si vous en tenter l’escalade à l’occasion. Néanmoins, après avoir abandonné mon leste et m’être déchaussé, le miracle s’accomplit, les orteils se glissent tant bien que mal entre les barres verticales dudit grillage.

     Hélas, le troisième homme de la bande, jeune fille de son état, souffrant de vertige, je les abandonne donc et passe en fraude de l’autre côté de la barrière de métro – pour la première fois de ma vie. Je vous prie de bien vouloir mesurer l’ampleur du traumatisme occasionné. Je me retrouve donc six stations plus loin que la station prévue à l’origine, je valide mon passe Navigo et la vie reprend son cours normal, bien morne après cette effusion d’adrénaline.  

     Vient enfin le moment de dresser un bilan de l’expérience et d’apporter ma réclamation. Mon année de naissance, correspondant au signe astrologique chinois du lapin semblait me prédisposer à une telle aventure, cabriolant dans la nature, côtoyant les lapins et sautant comme eux, mais par-dessus vos grilles.

     Alors voilà ; au nom de toute l’espèce gambadante des touristes en visite au Bourget, pauvres égarés assimilés à la condition des rongeurs de nos forêts françaises, je vous en conjure, permettez que la fameuse grille à l’origine de tant de soucis soit agrémentée d’un portillon ou d’une ouverture quelconque afin de rendre accessible la station de RER Parc des expositions. D’avance merci.

      …Ce soir, au menu, il y avait des carottes.

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~ par Zegatt sur 9 janvier, 2008.

4 Réponses to “Lapins, avions et RER”

  1. Trop drôle! Bravo Zegatt, tu me donnes des idées!

  2. comment décrire mon état actuel après lecture de ta lettre ? « morte de rire » serait bien trop vulgaire mais t’imaginant escalader ce grillage, et surtout te trouver devant, là je dis « chapeau »! « encore papy Zegatt » ! diront tes petits enfants…
    sur ce, j’attends la suite des articles !
    biz

  3. Merci bien tous les deux !
    Lulu >> Holà ! A ce rythme-là, je sens déjà les premières rides…

  4. j’ai relu cette lettre en rigolant toujours autant! Quelle plume!
    Et dire que tout ceci c’est grace à moi!!! héhéhé!!
    bizoux!

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