Pages nocturnes (2) – Camus

Une fois de plus, plongée chez Albert Camus. L’immersion est toujours aussi prenante, et un léger regret pointe lorsque la dernière page se tourne. Regret que ces Carnets I ; mai 1935 – février 1942 ne comptent pas quelques pages de plus tellement il est toujours envoûtant de palper la pensée Camusienne. 

 

Ici, il s’agit donc des cahiers de notes d’Albert Camus où il inscrivait aussi bien les détails des lieux où il passait, les paroles de personnes croisées au hasard de ses déambulations, ses réflexions philosophiques ou, pèriode oblige, son point de vue sur la guerre qui déchirait alors l’Europe. On retrouve au fil des pages les travaux préparatoires pour La Peste ; L’été ; Le mythe de SisypheCaligula, et bien d’autres…

Et puis des descriptions, des foules de descriptions ; tantôt Albert Camus nous entraîne vers les plages algériennes, tantôt dans le coeur de Paris, ailleurs dans la Casbah ou en Provence, toujours attentif, jamais indifférent au monde qui l’entoure, ne manquant pas de noter telle scène de vie, telle anecdote d’un jour.

L’esprit critique, il ne manque pas de considérer la politique, les évènements mondiaux, le départ à la guerre, l’influence grecque sur l’Occident, les derniers ouvrages qu’il a consulté, etc, tantôt bienveillant tantôt acerbe.

Et, où qu’il soit, toujours cette obsession du soleil, bien plus manifeste que dans ses romans ; une fois c’est le soleil qui se couche dans la baie d’Oran qui éveille la mélancolie d’un soir, une autre fois celui de Paris, grand absent derrière le ciel ténébreux de la capitale ou encore celui d’Alger, luttant par un jour brumeux pour éclater sur le cimetière arabe de la ville où reposent les pierres dans le silence d’un jour de printemps.

Il y aurait trop à en dire tellement l’oeuvre est vaste, évoquant une parcelle de chaque élément gravitant autour de Camus. Trop à en dire, trop à en citer… voici toujours un bref aperçu (bien insuffisant) de ce magnifique recueil :

« Culture : cri des hommes devant leur destin. Civilisation, sa décadence : désir de l’homme devant les richesses. Aveuglement. »

« Au soir, douceur du monde sur la baie – il y a des jours où le monde ment, des jours où il dit vrai. Il dit vrai, ce soir – et avec quelle insistante et triste beauté. »

« Nous sommes en plein dans la contradiction. Toute l’époque étouffe et vit dans la contradiction jusqu’au cou, sans une larme qui délivre. Non seulement il n’y a pas de solutions, mais encore il n’y a pas de problèmes. »

Et ainsi pendant 250 pages…

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~ par Zegatt sur 11 janvier, 2008.

2 Réponses to “Pages nocturnes (2) – Camus”

  1. Ton commentaire sur mon article « suicides » et ton article ici présent me donnent envie de le lire.
    J’aime ta plume, de bonnes descriptions simples et surtout reposantes. La lecture entraine un rythme calme et reposant.

  2. Personnellement, je conseillerais d’attaquer Camus par « L’envers et l’endroit », « Le premier homme » ou du théâtre (en évitant « Le Malentendu » et « L’Etat de siège » au début). Et côté philo, « Le mythe de Sisyphe » est un pur régal de réflexion.
    Je m’étendrai sûrement sur la question dans la quinzaine de jours à venir…
    Merci pour ton appréciation en tout cas.

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