Film du jour (2) – Pi

« Quand j’étais petit, maman me disait de ne pas fixer le soleil. Alors, à 6 ans, je l’ai fait. » Max Cohen est mathématicien ; il vit dans les chiffres, entre Pythagore, Euclide, le nombre d’or et Pi. Pi, qui donne son nom au premier film de Darren Aronofsky (réalisateur du célèbre et traumatisant Requiem for a dream) qui nous plonge dans un univers bipolaire (noir/blanc ; matérialisme/métaphysique) angoissant et survolté.

Max est aussi paranoïaque et névrosé ; il souffre de violentes migraines régulières qu’il apaise à coups de produits plus ou moins légaux. En plus de cela, il s’intéresse à la Bourse et il est juif. Son leitmotiv : prouver que l’organisation du monde est issue d’une équation et découvrir laquelle. Son procédé de vérification ? Le court des actions boursières…

Et forcément, une pareille hypothèse – sur le point de se vérifier – ne manque pas d’attiser l’intérêt peu orthodoxe de certains spéculateurs de Wall Street mais aussi celui des loubavitchs kabbalistes locaux. Les deux groupes antagonistes recherchent LE nombre fondamental, composé de 216 chiffres. Quant à savoir si ce nombre est le nom d’Adonaï (dieu) ou celui qui régit la Bourse internationale ou même les deux, peu importe ; il est fondamental, et c’est tout ce qui compte. C’est tout ce qui fait son prix.

Sur des rythmes électriques, Aronofsky nous entraîne dans la vie glauque de son savant-fou des chiffres, propulsant son public dans un rythme répétitif (de la même façon que dans Requiem…, par la répétition de scènes brèves) et ultra-dynamique. Les contrastes sont appuyés, New York est filmé à la va-vite, le réalisateur préférant s’attarder dans les recoins sombres de l’appartement de Max ou dans les bouches de métro, évitant le plus souvent la ville en plein jour et en plein air. Et il faut bien user de ce stratagème pour renforcer la sensation d’étouffement jusqu’à la chute explosive du film. Au final, 1h30 fascinante, étrange, dérangeante et efficace où l’on retrouve toutes les prémices artistiques de son second film qui y sont concentrées avec brio. A voir.

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~ par Zegatt sur 12 janvier, 2008.

3 Réponses to “Film du jour (2) – Pi”

  1. Pour rester dans les chiffres, ça me fait penser à autre film « Le Nombre 23 », un peu glauque mais pas mal du tout.

  2. So… Je crois que ce film n’est pas très vieux et pourtant j’ai l’impression de l’avoir vu il y a très, très longtemps.

    Je l’ai trouvé un peu… poussif. Ce côté volontairement abscons, souvent lourdingue.
    Cette vieille rengaine kabbalistique… pfff..

    Ouais, je ne me foule pas dans l’écriture non plus, je suis un vilain :]

    Dois-je le revoir ?

  3. Déserts >> Bonne question. Ce n’est pas un monument du cinéma, ça, je suis bien d’accord. Mais je trouve qu’il mérite le détour et un peu plus que ça.

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