Pages nocturnes (3) – Mendès

La politique peut-elle être éthique ? Le XXème siècle (et le XXIème naissant) aurait de quoi nous en faire douter. C’est sans compter sur Pierre Mendès France, dont les interventions radiophoniques ont été collectées dans ce petit bouquin : Dire la vérité – Causeries du samedi.

Presque tous les samedis, du temps où il était Président du conseil, sous la IVème République, Mendès intervenait pour dresser un bilan de la politique, évoquer ses préoccupations et vanter les méritre de « notre France », celle qu’il ne cessait pas un instant de partager avec les Français.

Au cours des pages, avec beaucoup d’humilité, on croise les grandes phrases de Mendès, ses évocations parfois teintées de nostalgie et son espoir impérissable en l’avenir. Et toujours, toujours cette foi en l’éthique, ce combat pour la vérité en politique. Pierre Mendès France évoque sans les cacher les difficultés de l’Indochine, le pays à reconstruire (10 ans après la fin de la guerre) ou encore les problèmes en Afrique du Nord (la Tunisie en particulier). Ailleurs, il s’adresse aux enfants du pays au moment de la rentrée scolaire, évoquant la sienne ou parle de ses décisions, refusant catégoriquement l’immobilisme. Le patriotisme chez Mendès, le seul patriotisme un temps soit peu respectable, n’est pas un sentiment de guerre ; c’est un acte de foi dans la grandeur d’un pays, celui qu’il clamera encore face à l’Assemblée au moment où il est destitué de ses fonctions.

Ce recueil est un des rares ouvrages où politique est synonyme de grandeur, et rien que pour cela, il vaut son pesant d’or, ne serait-ce que pour s’assurer, grâce à Mendès France, que cela est possible, que la politique sait être un acte de noblesse.

« J’ai vu, de mes yeux, ce spectacle bouleversant de la volonté d’un grand peuple, parce qu’elle était clairement exprimée et fortement sentie. Oui, j’ai vu cette volonté faire plier le destin. »

« La nation qui en a pris conscience, comment oublierait-elle ses espoirs qui ont été ranimés ? Comment penser qu’elle perde le goût de la vérité, maintenant qu’elle le connaît, amer parfois, mais toujours salubre, maintenant qu’elle sait que les efforts et les peines du présent sont le prix d’un avenir meilleur, que nous sommes sûrs de pouvoir enfin construire si nous savons vouloir, oser et agir. »

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~ par Zegatt sur 15 janvier, 2008.

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