Pages nocturnes (4) – Auster

Chose promise, voici L’invention de la solitude par Paul Auster, avec tous mes remerciements à Oliv’ qui, s’il ne m’a pas fait découvrir Auster, m’a en tout cas fait cette suggestion de lecture fort intéressante.

Tous les grands auteurs ont leur traumatisme ; Albert Camus et le silence de sa mère, Amos Oz et le suicide de la sienne ou encore James Ellroy et le meurtre de la sienne. Chez Paul Auster, c’est la mort du père qui s’inscrit profondément en lui et laisse place à cette solitude ; la solitude face à son passé et face à ce qu’il est, vis-à-vis de son divorce aussi.

Au cours de ces quelques pages, par l’intermédiaire de deux récits, c’est la teneur de cette solitude que Paul Auster explore avec de nombreuses réflexions tournées vers son passé et son présent, complétées de nombreuses références (Kierkegaard, Les mille et une nuits, Pascal, Dostoïevski, Freud, Mallarmé, la Bible – et plus particulièrement les tribulations solitaires de Jonas mises en parallèle avec le Pinocchio de Collodi -, etc.).

Le style est sobre, efficace ; la réflexion et l’écriture intéressantes, autour de l’absence et de la façon dont le monde nous façonne ou du moins nous nourrit de références et créé la mémoire. Mais il faut bien reprocher à Auster sa récurrence dans les faits. Entre la lecture de Le diable par la queue et celle de L’invention de la solitude, la donne n’a pas beaucoup variée : le base-ball dans un coin, les séjours parisiens dans un autre et ailleurs la vie familiale. Mais face à une réflexion dont l’orientation varie, un tour d’horizon renouvelé et une forme littéraire changeante, on saura lui en faire gré, profitant simplement de son art du verbe.

« Ne pas l’avoir vu mort me dépossède d’une angoisse que j’aurais volontiers ressentie. Ce n’est pas que sa disparition m’en semble moins réelle mais à présent, chaque fois que je veux me la représenter, chaque fois que je veux en palper la réalité, je dois faire un effort d’imagination. Il n’y a rien dont je puisse me souvenir. Rien qu’une sorte de vide. »

« Il pose une feuille blanche sur la table devant lui et trace ces mots avec son stylo. Cela fut. Ce ne sera jamais plus. »

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~ par Zegatt sur 17 janvier, 2008.

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