Pages nocturnes (7) – Clancy

Et si la Russie trouvait soudain des filons d’or et de pétrole en Sibérie ? Et si la Chine, lorgnant sur les fameuses ressources découvertes et suite à un concours de circonstance envahissait l’est de la Russie ? C’est ce scénario que nous propose Tom Clancy dans son livre – 2 tomes en poche de 750 pages chacun – L’our et le Dragon où il nous fait suivre une fois de plus les péripéties de son personnage favori, Jack Ryan, tour à tour historien, agent de la CIA, numéro du service de renseignement de l’agence ou encore président des Etats-Unis (Jack Ryan incarné à l’écran par Harisson Ford – Jeux de guerre et Danger immédiat -, Alec Baldwin – A la poursuite d’Octobre Rouge – et Ben Affleck – La somme de toutes les peurs -).

Tom Clancy est un génial connaisseur de l’art militaire : au détour de ces livres, on apprend comment fonctionne un fusil de chasse, une batterie de missile SAM, l’administration de la CIA, le cryptage téléphonique et j’en passe. Certains de ses bouquins sont splendides de par leur intensité ou  leur rythme, et le foisonnement de détails offert (en particulier Rainbow Six – dont a été tiré un jeu vidéo éponyme – et Octobre Rouge, petit bijou à l’ambiance de guerre froide navale spectaculaire – le film est très bon lui aussi).

Et dans L’Ours et le Dragon, Tom Clancy nous martèle que non, Jack Ryan n’est ni Républicain, ni Démocrate. Manque de bol, depuis quelques années, lire Clancy revient à lire l’apologie des Etats-Unis sur des dizaines de pages à la suite, avec des positions républicaines plus qu’engagées. Et faute de pouvoir dire du mal des méchants communistes Russkofs (qui sont beaucoup moins méchants depuis qu’ils ne sont plus communistes), c’est donc sur les Chinois que l’auteur se défoule à chaque ligne. Cela devient vite lassant, et les remarques aussi bien politiques que raciales passent assez mal quand tous les personnages américains y mettent chacun du leur. Pas un brin de relativisme, le manichéisme tient de façon presque perpétuelle la vedette, et même si parfois un des supposés adversaires s’avère ne pas être si détestable, une chose reste certaine, jamais les Américains ne font une seule erreur.

Reste en tout cas que, quand il parle de guerre, Clancy s’y entend plus que bien. Et malgré ses trop nombreuses répétitions, le panel offert depuis les ambassades jusqu’aux sous-sols de la Maison Blanche en passant par le Politburo, les QG d’état-major ou l’antenne de CNN ne manque pas d’intérêt. Mais tout de même ! Ce manque d’objectivité ou de partialité nuit énormément au récit, faisant de ce qui aurait pu être un bon bouquin, un livre médiocre.

En résumé, Tom Clancy, c’est bien jusqu’au début des années 2000, au-delà, ça devient répétitif et vide. A éviter.

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~ par Zegatt sur 3 février, 2008.

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