Pages nocturnes (9) – Camus

Et encore un Camus. Je poursuis la fin de mon périple, de plus en plus mélancolique à l’idée que bientôt je ne pourrais plus lire Camus, mais seulement le relire. Voici donc ma 21ème lecture à proprement parler de cet emblème du XXe siècle ; Actuelles I – Ecrits politiques, recueil d’articles et d’interviews du Français d’Algérie.

Albert Camus a vécu les plus grandes heures du siècle passé. Les plus sombres aussi : la guerre de 1939-1945, la décolonisation, les premiers temps de la Guerre Froide, le choc d’Hiroshima et de Nagasaki ou encore la montée des fascismes (Allemagne, Espagne, Italie…) et celle des dictatures (URSS en particulier).

Durant les années d’après-guerre, le plus souvent dans le journal Combat, parfois dans Caliban, il a traité des bouleversements de son temps par moments avec un ton plus philosophique que journalistique et avec cette humanité qui le caractérise, mais aussi cette rage face aux aspects honteux du monde ou des hommes, face à ceux qui réfutaient les réalités sans distinctions politiques, n’hésitant pas à vanter les mérites d’un journaliste du Figaro ou à dénigrer les propos d’extrémistes qu’ils soient communiste (avec l’apologie de l’URSS à la clé) ou chrétien (avec la défense du Pape qui n’avait pas pris parti face aux fascismes – au contraire). Mais rappellant les mérites de ces mêmes catégories qui ont su se rejoindre et défendre des idéaux similaires dans la résistance.

On retrouve le militantisme camusien face au meurtre (et surtout contre la peine de mort), ses idées de la morale en politique, son avant-gardisme quant aux dangers de la bombe nucléaire, ses critiques virulentes contre les attaques d’Emmanuel d’Astier (communiste violent de son état) et autres grands moments de réflexion et de rhétorique, alliant simplicité du verbe et phrases profondes et percutantes.

« Devant les perspectives qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, c’est un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »

« Nous sommes quelques-uns dans ce monde persécuté à avoir le sentiment que si le Christ est mort pour certains, il n’est pas mort pour nous. Et dans le même temps, nous refusons à désepérer de l’homme. Sans avoir l’ambition déraisonnable de la sauver, nous tenons au moins à le servir. »

« Vous dites que pour supprimer la guerre, il faut supprimer le capitalisme. Je le veux bien. Mais pour supprimer le capitalisme, il vous faut lui faire la guerre. Ceci est absurde, et je continue de penser qu’on ne combat le mauvais par le pire, mais par le moins mauvais. »

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~ par Zegatt sur 9 février, 2008.

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