Pages nocturnes (15) – Blake

Blake accuse ; Milton, l’auteur de Le Paradis perdu – est « du parti du Diable sans le savoir », « un vrai Poète » et c’est pour cela qu’il est à l’aise lorsqu’il traite des diables dans son oeuvre. Mais Blake est de la même veine, et la traduction de ses oeuvres (Tome III pour le coup) nous entraîne une fois de plus dans les tréfonds fascinants de son esprit.

William Blake est un personnage étrange ; grand coyant et pourtant anti-clérical comme personne. Ses lignes sont peuplées par la Bible, par les Grecs, et par une mythologie personelle qui s’agitent dans un mouvement incessant de fureur et d’obscurité.

Ce troisième tome des oeuvres de Blake en Français, traduit par Pierre Leyris regroupe la majorité des livres prophétiques de Blake, autour de ses personnages : Tiriel, Thel, Urizen, Enitharmon, Orc, Los, Ahania et une foule diverse de personnages proches des grands mythes mono et polythéistes. Tiriel devient Oedipe, Orc se rapproche Prométhée, etc.

Et puis Blake joue avec l’Histoire ; dans « La Révolution française », « L’Europe » et « L’Amérique », son verbe vient s’associer aux figures historiques. Les 13 colonies rebelles des Amériques deviennent des anges ; Louis XVI se recroqueville sur son  trône, dévoré par les bêtes reptiliennes ; Blake raille son lecteur dans « L’Europe », ouvrant le bal par quelques vers joyeux et naïfs avant de sombrer pour notre bonheur névrosé ; et ainsi de suite.

Viennent enfin les quelques textes acerbes ou ironiques envers la religion ; « Deux traités sur la religion » et « Le mariage du Ciel et de l’Enfer » ; « Dieu devient semblable à ce que nous sommes, afin que nous soyons semblables à ce qu’il est » ; « Les Prisons se construisent dans les pierres de la Loi, les Bordels avec les briques de la Religion » ; ou encore, dans « Le livre d’Ahania », lorsque le dieu-titan usurpateur, Fuzon, est blessé par un roc qui s’avère être le Mont Sinaï – les tables de la Loi sont-elles alors un mensonge ? Et ainsi va, dans un tandem de splendeur et de ténèbres, la plume de Blake…

« Il se tut et, par les montagnes, il chercha dans sa nuit sa route sans chemin. »

Publicités

~ par Zegatt sur 28 mars, 2008.

2 Réponses to “Pages nocturnes (15) – Blake”

  1. Tu es boulimique :]

  2. A quel niveau suis-je donc boulimique ? La lecture, la critique, les deux, le texte… ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :