Film du jour (22) – Dahmer again…

Je continue mon périple autour de Jeffrey Dahmer, après avoir réalisé qu’il avait suscité de nombreux films. Ce coup-ci, il y en a donc deux d’un coup : Raising Jeffrey Dahmer et The trial of Jeffrey Dahmer.

Raising Jeffrey Dahmer offre un parti-pris intéressant : au travers du père de Dahmer qui s’interroge sur sa responsabilité dans la transformation de son fils en tueur en série et propose ainsi une succession de flash-back sur la jeunesse de celui-ci. Mais au-delà de ce parti-pris de départ, le film est complètement dénué d’intérêt.

La façon dont il est filmé est dénuée d’intérêt, avec des jeux d’images de mauvaise qualité. Le jeu d’acteur est lui aussi très pauvre et la bande originale est complètement ratée, proposant des sons en désaccord avec l’image ou inadaptés au ton global du film. Enfin, le scénario dans lequel vient s’entrecroiser la vague histoire d’un flic de Milwaukee est un nouvel élément à charge contre ce raté cinématographique.

Heureusement, The trial of Jeffrey Dahmer relève de beaucoup le niveau…

… Et pour cause ! Quoi de tel que la réalité pour dépasser la fiction ?

Contrairement à la France, il est autorisé aux Etats Unis de filmer les procès publics, et cela a été le cas avec celui du « Cannibale de Milwaukke ». Aussi, l’ensemble du procès a été réduit à 1h30 de documentaire au sein de la cour, où se suivent les déclarations des témoins, des psychologues et des policiers, et bien sûr de Dahmer lui-même.

Un travail magistral, montrant l’homme dans toute sa réalité et son manque complet d’empathie. Distant du début à la fin, Dahmer suit de manière passive l’énoncé des faits qui lui sont reprochés, aussi sombres soient-ils. On y passe de l’attouchement sexuel à la masturbation face à des hommes drogués ou démembrés, évoquant également le meurtre en soi, la cannibalisation et les « grands faits » de Dahmer.

Ces « grands faits », simplement hallucinants ont participé à la célébrité de Dahmer ; qu’il s’agisse de tuer un homme pendant que sa propre grand-mère dort à l’étage, de conserver son cadavre durant une semaine dans le congélateur de celle-ci ou bien d’être arrêté par un policier avec des sacs poubelle contenant des restes humains et déjouer les suspicions du policier qui le quitte en lui souhaitant une « bonne soirée ».

Et puis il y a Dahmer lui-même, personnage charismatique, attirant même, bien loin des figures de tueurs aux physiques inquiétants comme le sont Shawcross ou Gein. Cet attrait ne faisant qu’accroître le paradoxe entre son aspect extérieur et la violence des faits qu’il a pu commettre.

Et puis il y a aussi un aspect quelque peu comique à voir un psychologue expliquer à la cour certaines fascinations de Dahmer pour des passages du troisième L’Exorciste ou pour Le retour du Jedi et se mettre à décrire l’empereur Palpatine pour étayer son explication…

En tout état de cause, un document de toute première catégorie, pour ceux qui ont le coeur bien accroché face à une inconcevable véracité des faits rapportés.

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~ par Zegatt sur 1 juillet, 2008.

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