En direct du festival (6) – Antigone

Jouer Sophocle. Tentative dangereuse. Replonger dans la Grèce antique en essayant de renouer avec son héritage n’est pas une chose aisée.

Avec masques grecs et costumes afghans tout en sobriété, la troupe de cinq acteurs nous entraîne vers cette tradition oubliée, y joignant par ici un brin de chants en Grec ancien, par là quelques jeux du corps tout en dynamisme ou en suggestion doucereuse, donnant un aspect intime, à la limite de l’érotisme des corps dans leur vérité, sensation renforcée par la force percutante de Sophocle.

Plus de deux millénaires ont passé, mais que ce soit le texte ou la façon de l’interprété, rien n’a vieilli. Par la justesse et la sobriété, le trait est percutant, mené de main de maître par une diction claire, un rare accompagnement musical et un ballet corporel troublant. Les personnages ne prennent pas vie de façon réelle comme l’entend le théâtre contemporain, pourtant, les planches s’oublient : le spectateur est là, plongé dans la folie du pouvoir de Créon, la révolte d’Antigone et les jeux des êtres secondaires qui tournoient autour de l’affrontement bipartite entre le cœur et le pouvoir.

Sans conteste la meilleure pièce croisée jusque là, un moment merveilleux qui entraîne son public à des siècles de là, dans la respiration saccadée de la mythologie tragique. Du grand art.

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~ par Zegatt sur 24 juillet, 2009.

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