Apologie de la Déraison (15)

– Le créateur est un exhibitionniste. Il vient étaler sa névrose sur la place publique, dévoilant ses obsessions et ses péchés. Il absout ses propres erreurs par l’art.
Le créateur est celui qui, lorsque Marie-Madeleine est menacée, vient prendre la pierre, sans trembler et hurlant « J’ai péché et là où eux réfutent leur culpabilité, la mienne est assumée : moi, je lui lancerai la première pierre ». Certains dépassent même ce raisonnement, comme Nietzsche qui, pour sa part, retourne la pierre contre celui qui lui tend.

– Diaboliser revient à faire le jeu du diable, et non à le proscrire. L’attirance pour le proscrit est toujours plus tentatrice que celle pour l’autorisé.

– Les grands personnages et les grands récits religieux de l’art ne peuvent être qu’apocryphes.

– L’exotisme est une illusion ; il ne parle pas de ce qui est, mais traduit par les yeux de l’étranger un monde qu’il ne comprend pas.
L’exotisme, c’est parler de noirs en Afrique, là où ce n’est pas le noir qui est visible, mais le blanc. L’exotisme, c’est Joseph Conrad ; c’est un mensonge qui nous amadoue.

– Celui qui est innocent n’ignore pas ce qu’est le péché ; il ignore ce qu’est l’innocence.

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~ par Zegatt sur 18 avril, 2011.

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