Le livre rouge – Musée Guimet

Jusqu’à demain 7 novembre 2011, le musée Guimet organise une exposition consacrée au Livre rouge de Carl Gustav Jung (également connu sous le titre de Liber Novus).

L’occasion de présenter différents documents de la main de Jung, depuis le fameux Livre rouge – sorti il y a peu d’une retraite de près de 50 ans pour enfin être publié – et Les sept sermons aux morts, en passant par différents textes, jusqu’à divers mandalas et peintures créés au long de la vie du psychologue suisse.

Centrée sur cet ouvrage, l’exposition se propose donc d’approcher les facettes les plus obscures de Jung, ses réflexions où ésotérisme, allégorie et mysticisme se côtoient de près, dans une symbiose artistique et scientifique qui paraît exempte de limite et dont la compréhension est d’autant plus ardue.

La pensée de Jung a toujours misé sur l’universalisme, et ces pages évoquent tour à tour alchimie, mythes asiatiques, indo-européens et africains, courants mystiques et ésotérismes les plus variés. Le musée Guimet a misé sur un public ayant un minimum de background sur l’oeuvre de Jung, et l’exposition sera pour les néophytes d’un obscurantisme quasi-total. Passée cette mise en garde, le face à face avec la recherche insatiable de Jung est fascinante.

Le musée Guimet étant consacré aux arts asiatiques, le ton est donné pour une orientation axée sur les mandalas en particulier, et le rapport que Jung garda à ces figures tout au long de sa vie, explorant sa psychée par la réalisation artistique de ces images, révélatrices d’archétypes et de grands axes symboliques du Soi. On retiendra notamment la découverte de ces figures par Jung et son exploration de plus en plus poussée de ceux-ci, notamment lors de son séjour à Paris alors qu’il étudiait la psychiatrie, prémisce entre autres à son travail sur Le mystère de la fleur d’or.

Le problème arrive justement ici, alors que l’exposition se propose d’aller plus loin dans l’exploration des mandalas, proposant de magnifiques oeuvres picturales d’Inde, de Chine ou du Japon, mais délaissant Jung par la même occasion. Comme si tous les éléments étaient présentés aux visiteurs, mais bruts, dépourvus des clés proposées par Jung. Comme si les deux parties de l’exposition se faisaient parfaitement distinctes tout en prétendant y voir des points de convergence.

Mais savoir qu’un mandala représente telle divinité, et savoir que Jung y voit un archétype, sans pousser au-delà la confrontation entre la théorie du psychanalyste et l’oeuvre présentée laisse un arrière-goût d’incomplet. A supposer que le musée Guimet tentait par la présentation de ces mandalas de légitimer la tenue d’une exposition consacrée à Jung dans ses murs. Dommage.

En attendant, de superbes documents et éléments proposés qui méritent largement le détour pour ceux qui en auront encore l’occasion ces dernières 48 heures. Mais attention, on sort de là encore plus plongés dans l’incompréhension et la fascination vis-à-vis de Jung…

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~ par Zegatt sur 6 novembre, 2011.

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