Film du jour (31) – triptyque terroriste

Alors qu’un nouveau procès d’Ilich Ramirez Sanchez, alias Carlos, s’ouvre et que l’idée d’aller crobarder au Palais de justice et suivre un brin de ce procès me trotte de plus en plus dans la tête, je me suis tourné vers le monstrueux triptyque d’Olivier Assayas diffusé l’an dernier, Carlos.

Au moment de sa diffusion (télévisée pour les 3 épisodes – Canal+ – et cinéma pour une version de 2h45), j’étais passé à côté du film, peu intéressé aussi par le portrait d’un homme dont je savais peu de choses et dont l’idée d’un biopic me paraissait assez limitée…

Grave erreur !  car en près de 6 heures, le portrait de Carlos que propose Olivier Assayas est assez fascinant, explorant les facettes d’un manipulateur finalement plus pion que dirigiste. Un portrait complexe, coincé entre les groupuscules et les enjeux de l’époque, en particulier extrême gauche et mouvements musulmans, jouant tantôt du côté de révolutionnaires de tous poils et d’intégristes, tantôt au service de nations aux intérêts parfois obscurs…

Moscou, Tripoli, Berlin, Paris, Damas et nombre d’autres villes sont croisées au cours du périple de Carlos, autant d’occasions pour complexifier un peu plus son rôle d’électron libre agissant pour le bloc de l’est ou les pays du tiers-monde. Il ressort des films un tableau fascinant des années 1970-1980 et des dirigeants de l’époque (dont certains ont encore une influence de premier niveau).

Par certains aspects, le travail d’Assayas rappelle beaucoup celui de Jean-François Richet avec son double volet consacré à Jacques Mesrine. Avant tout pour le travail historique bien sûr, et la vision d’une époque passée, fortement marquée par les affrontements politiques dans lequel les actes d’un Carlos et L’instinct de mort d’un Mesrine trouvent parfaitement leur place. Ensuite, pour des choix de réalisation synonymes de l’époque à laquelle ces films sont consacrés, couleurs fortes par moment et surtout un choix musical assez génial pour habiller l’ensemble. Enfin pour les rôles géniaux de Vincent Cassel pour L’instinct de mort et sa suite L’ennemi public N°1 et d’Edgar Ramirez pour camper Carlos, tous deux récompensés pour leur jeu d’acteur.

Concernant Carlos, il faut saluer la décision d’Olivier Assayas d’avoir filmé son triptyque en conservant les langues de chacun, passant à la suite par l’Allemand, l’Anglais, l’Arabe, l’Espagnol et le Français. A noter également quelques sauts dans le récit lorsque sont intégrées des images d’arcives prolongeant un peu plus le réalisme voulu par la réalisation.

Du très grand travail de cinéma, à ne pas rater si vous avez l’occasion !

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~ par Zegatt sur 8 novembre, 2011.

Une Réponse to “Film du jour (31) – triptyque terroriste”

  1. […] indirectement par James Ellroy). – “Carlos”, trois films (pour la version longue) dont je vous parlais ici. – “(500) jours ensemble” avec un découpage achronologique et des jeux de situations […]

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