Détours historiques (6)

– Atahualpa, le dernier grand empereur inca, fut exécuté après s’être fait baptiser. Ironie de la chose, il reçut alors comme prénom chrétien Francisco, le même que le conquistador commanditaire de l’exécution, Francisco Pizarro.

– Mohandas Karamchand Gandhi, durant la seconde guerre mondiale, écrivit à quelques reprises à Adolf Hitler, et ce dès juillet 1939. Débutant ses lettres d’un « Dear friend », il évoquait à celui-ci des principes de paix, l’enjoignant de ne pas sombrer dans une escalade de la violence.

– Formose, pape de 891 à 896 fut le sujet de nombreuses querelles. Plusieurs mois après sa mort, il fut même exhumé pour être jugé par un de ses successeurs à la tête de l’Eglise, Etienne VI, en 897. Le cadavre de Formose fut habillé en costume d’apparat, un défenseur lui fut attribué avec l’interdiction de prendre la parole. Condamné, le corps fut dépouillé de ses vêtements, les trois doigts de la bénédiction (main droite) coupés, et le corps jeté dans le Tibre. Le corps coula directement à cause de la putréfaction, au lieu de remonter à la surface ce qui aurait été selon les observateurs une ultime preuve d’innocence malgré sa condamnation.
Cela ne l’empêcha pas d’être réhabilité, et de nouveau enterré (tout du moins un cadavre repêché dans le Tibre, la question de savoir s’il s’agissait du bon reste entière). La légende veut que lors de cette nouvelle procession, les statues des saints baissèrent la tête en signe de dévouement.

– Une tradition mexicaine précolombienne consistait lors de grandes cérémonies à danser et chanter, à appeler les morts et à commettre des sacrifices afin de rappeler le souvenir des ancêtres et de réinventer une autre histoire à l’aide de leurs pouvoirs sacrés, inversant certains rôles, changeant le cours du monde le temps de la cérémonie. Après l’arrivée espagnole, ce type de cérémonie, recadré dans un esprit chrétien, fut accepté, encouragé même, donnant lieu à des célébrations de plusieurs centaines de personnes en des occasions diverses, aussi bien pour des fêtes chrétiennes que pour fêter la mort d’un roi espagnol ou l’arrivée d’un nouveau vice-roi de la Nouvelle Espagne. La majorité des Espagnols appréciaient ces cérémonies exotiques, laissant libre cours à ces danses et chants où le monde indien côtoyait le monde espagnol. Quelques-uns cependant s’inquiétèrent du côté païen du rituel et de l’ivresse requise pour certains participants (alcool ou hallucinogènes) mais l’idée de cérémonies publiques restait préférable pour la majorité des Espagnols qui craignaient trop que les rituels polythéistes ne prennent le pas dans la vie privée, faute de pouvoir se mélanger ainsi au nouveau monothéisme.

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~ par Zegatt sur 22 novembre, 2012.

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