Bilan annuel 2012

Tour d’horizon de l’année qui vient de se terminer ; au compteur, 216 films et 105 bouquins. L’occasion d’atteindre et de dépasser le 2000ème film vu.

En vrac, côté livres, on retiendra de chouettes découvertes :
– « Le livre des morts des anciens égyptiens » dans sa traduction de Grégoire Kolpaktchy, une descente dans les textes sacrés très répétitive, au ton puissant et envoûtant.
– Un tour d’horizon de quelques bouquins touchant à Tintin et Hergé, en particulier « Les métamorphoses de Tintin » par Apostolidès, d’une richesse incroyable et fourmillant de réflexions et d’anecdotes, et « Hergé, fils de Tintin » de Peeters (toujours ouvert pour l’instant, il sera au palmarès 2013).
– Côté histoire de l’art, Jurgis Baltrusaitis dont je vantais déjà les mérites l’an passé, cette fois avec son tome 3 de « Les perspectives dépravées ». Probablement l’une des plus grandes réflexions sur les interactions artistiques.
– Borges, que j’explore de plus en plus loin, et qui se révèle à chaque fois plein de surprises, intellectuelles aussi bien que stylistiques : « L’auteur et autres textes », « Le livre de sable » et la récente publication « Borges en dialogues » (entretiens avec Osvaldo Ferrari).
– Le pavé signé Stéphane Bourgoin, « Serial Killers – Enquête mondiale sur les tueurs en série », un fourmillement criminel de premier ordre, offrant un panel très large et plutôt exhaustif.
– Alvar Nunez Cabeza de Vaca, « Relation de voyage (1527-1537) chez Babel : préface d’une naïveté à crever (lamentable), et un texte qui suit assez fascinant, totalement réel, décrivant les errances de Cabeza de Vaca entre la Floride et la Californie, rare survivant d’une expédition espagnole malchanceuse. Et dans le lot historique, les lettres d’Hernan Cortés, « La conquête du Mexique », magistral témoignage de la stratégie et des manipulations du Conquistador.
– Albert Camus avec René Char : « La postérité du soleil ». Court et beau. L’économie des mots pour frapper à l’essentiel du verbe.
– Du côté des classiques de la littérature anglo-saxonne, « Au cœur des ténèbres » de Conrad, qui donne tout son sens au « Apocalypse Now » de Coppola quand on le revoit juste après. Enfin ouvert, les « Histoires extraordinaires » d’Edgar Allan Poe, traduites par Baudelaire d’une telle façon qu’on ne sait plus vraiment si on lit un texte de Poe ou de Baudelaire, bref, un bijou.
– Dans les classiques anciens, « L’Enfer de Dante » (traduit par Jacqueline Risset), d’une modernité improbable. Magistral.
– Dans les réflexions anthropologiques et psychologiques, « Le sacré et le profane » par Mircea Eliade, également « La violence et le sacré » dont j’ai enfin lu les dernières pages cette année. Deux réflexions majeures. De Carl Gustav Jung, « Réponse à Job » et sa « Correspondance 1906-1940 ».
– Dans les détours mexicains, « L’origine des Aztèques » de Christian Duverger. Une plongée dans l’univers aztèque et la culture mésoaméricaine.
– Poésie : la seconde partie de « Mon propre rôle », les textes de Serge Gainsbourg, ou comment comprendre qu’écouter une chanson ne suffit pas à la comprendre : le jeu littéraire de Gainsbourg est un régal à chaque page. Un Bukowski annuel : « Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines » – la tonalité est moins pourrie, moins pessimiste et beaucoup plus poétique que sur ses textes en prose, et le résultat est tout aussi ensorcelant, avec tout de même un peu de bite et quelques verres de trop en stock (faut pas déconner non plus, c’est Bukowski !). Octavio Paz, dont je découvre les textes, et son magistral « Liberté sur parole » (entre autres textes poétiques).
– Du côté polar, la trilogie Millénium de Stieg Larsson, d’une redoutable efficacité – peut-être un léger affaiblissement avec le second tome, mais un final magistral pour clore cette série hélas interrompue… Egalement l’intégrale de la saga Kenzie/Gennaro, avec des gros ratés ici ou là (rien à voir avec l’assemblage millimétrique de son « Mystic River ») mais deux très bons livres, « Gone, Baby, Gone » et « Prières pour la pluie » (respectivement tomes 4 et 5 de la série qui en comprend 6). Et pour Cuba, Leonardo Padura dont les enquêtes du Conde me plaisent toujours autant, description merveilleuse de l’île et de sa société avec « Vents de carême ».
– Classiques français, « Aziyadé » par Pierre Loti. Un bon morceau des Maupassant, que j’ai pris un énorme plaisir à relire après une dizaine d’années, pour une bonne part des nouvelles (fantastiques et de guerre pour la plupart).
– Une découverte portugaise, José Saramago : « Caïn ». Sombre, d’un style perfectionniste, ça mérite le détour.
– Détour américains : Luis Sepulveda avec « Histoires d’ici et d’ailleurs », Mario Vargas Llosa « Lettres à un jeune romancier ».
– Mon favori de toujours, Friedrich Nietzsche, avec « Humain, trop humain II » et « Par-delà bien et mal ».

Pour les films, ceux à retenir :
– Des perles rares françaises : « L’Appolonide (Souvenirs de la maison close) », plongée teintée de Sade et de Maupassant à la fin du XIXe siècle. « Le clan des Siciliens » : Verneuil, Ventura, Delon, Gabin et Morricone, que dire de plus ? « Dans la maison », à la réalisation remarquable, peut-être un peu trop rapide sur la fin. « La désintégration », un film comme on en voit trop peu en France. « L’exercice de l’Etat », magistral. Vieux classique enfin vu, « La grande illusion » de Renoir, merveille du cinéma français des années 30. « Intouchables », vu au début de 2012. « Le magasin des suicides », conte en dessin animé pas forcément pour petits… « Polisse » succession de portraits hauts en couleur et d’affaires liées à la brigade des mineurs. « Un prophète » et « De rouille et d’os » ou les preuves définitives qu’Audiard est un génie.
– Quelques inclassables qui méritent le détour ; « Atomik Circus, le retour de James Bataille », ça n’a ni queue ni tête, et ça marche. « Le bal des actrices », méli-mélo marrant et plutôt bien mis en scène. « The Rocky Horror Picture Show » enfin vu en entier. « Ted » : mélangez un ours en peluche, des problèmes de couple, Flash Gordon, et agitez le tout.
– « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », un western d’une rare lenteur, hypnotique et amer.
– Pour les plus jeunes, « Dragons ». « Mon voisin Totoro » également.
– « Le discours d’un roi », typiquement british, et si efficace ! « La taupe » : brillant polar avec un Gary Oldman exceptionnel. « Tyrannosaur », film social de premier ordre. Et de l’autre côté de l’Atlantique, « Margin Call », plongée dans Wall Street.
– Ces vieux classiques anglo-saxons qui n’ont pas pris une ride : « Dans la chaleur de la nuit », « Soleil vert ».
– En documentaires, « Exit through the Gift Shop » (« Faites le mur ! » en Français parfois), improbable tour d’horizon de l’art contemporain et du street art, un bijou (Gracias Vania !). « Forgotten Silver » ou comment Peter Jackson sait faire monter la sauce ! « Les incroyables inventions du docteur Nakamats » : ubuesque (merci Nicolas) ! « Into Eternity » ou comment laisser les déchets atomiques se décomposer… improbable et fascinant. « Marley », documentaire biographique de premier ordre. Les 3 parties de « Paradise Lost », tour d’horizon d’un crime qui vire à l’erreur judiciaire probable (la seconde partie n’a pas grand intérêt). « Khéops révélé », ou comment la pyramide a (probablement) été érigée, bien loin d’autres reportages florissants ces derniers temps sur des théories improbables : ici, c’est de l’Histoire (avec sa grande hache). « The King of Kong – A fistful of quarters », un documentaire sur la folie du scoring dans le petit monde des classiques du jeu vidéo (Donkey Kong pour le coup).
– Des films trop rares, après « Une séparation » l’an dernier, vu cette année : « Les femmes du bus 678 » (film égyptien).
– Quelques-uns signés par les grands noms du cinéma : « Gangs of New York » (Martin Scorsese), « Le Hobbit – un voyage inattendu » (Peter Jackson, bien plus fidèle à Tolkien que sa trilogie précédente), « L’Odyssée de Pi » (Ang Lee).
– Un gros nanar en prime, à voir imbibé sous peine de le jeter à la poubelle : « Star Cruiser » (la SF allemande, c’est moche. Très moche).

Voilà, sur ce, on ouvre 2013 après cette cuvée plutôt bonne, en espérant que celle qui démarre soit du même ordre !
Bonne année à tous !

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~ par Zegatt sur 1 janvier, 2013.

8 Réponses to “Bilan annuel 2012”

  1. Héhé année bien remplie ! Bonne année 2013 aussi remplie alors !

  2. Hello Zegatt et bonne année !

    J’aimerai bien voir « the king of kong », ça semble être un bon complément à « indie game: the movie » que j’ai vu et adoré cette année. 😉

    Sinon, une petite erreur s’est glissée dans ta liste. « Gang of new york » n’est pas de Ridlet Scott mais de Martin Scorsese. =^.^=

    A+

    • Quoi de mieux pour parler d’une erreur que d’en faire une moi-même ? C’est évidemment Ridley et pas Ridlet, coupable d’une grosse erreur cinématographique lui-même cette année : « Proutmerdeus »

    • Merci pour le relevé d’erreur !
      … Par contre, c’est « GangS », en plus de ne pas être de Ridley. Uhuhuh.
      Sinon, plutôt d’accord avec toi ; « Prometheus » était sans intérêt.

      Au passage, Vogler ou Campbell, ça te parle ?
      Et bonne année à toi aussi !

      • Hahaha trop fort le « gangs » ! =^.^=
        Et ouais, Vogler et Campbell, ça me parle plutôt pas mal. J’ai bien aimé le bouquin de Vogler reprenant les travaux de Campbell, « Le Guide du Scénariste ». J’en ai même fait un résumé lors de mes années « travail de fond ».

      • Et Campbell tu l’as ouvert ? Ou bien tu ne connais qu’à travers Vogler ?
        Parce que si les deux bonshommes m’intéressent, je commencerais plutôt par Campbell dans ma démarche (mais sa bibliographie est plus large, surtout qu’il a été édité en Français assez massivement sur les 3 dernières années on dirait – par rapport aux années précédentes).

      • Non, je n’ai pas vraiment lu Campbell. J’ai juste survolé. C’est un peu plus difficile d’accès que Vogler et surtout moins orienté « ciné ». Il va plus loin dans sa démarche. A l’époque, j’avais envie de quelque chose de plus cash dans le propos. Vogler a repris la structure de Campbell en coupant ce qu’il estimait moins pertinent ou redondant. Cela dit, je pense que c’est très intéressant.

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