Profilage criminel : troisième tentative (1)

Le « tireur solitaire » au coeur de l’information française mérite une rapide tentative de profilage avant d’être arrêté (ce qui, vu le comportement du bonhomme, ne devrait pas tarder).
Un profilage que je souhaite avant tout géographique, faute d’avoir beaucoup d’informations sur le bonhomme ou sur un quelconque mode opératoire…

Notons toutefois quelques caractéristiques étranges :

  • Le type menace des environnements très différents : une chaîne de télévision, un journal, une banque. Un mode opératoire se dégage néanmoins : une action coup de vent, il ne s’éternise pas sur place, c’est à peine s’il rentre de quelques dizaines de mètres dans les lieux avant de passer à l’acte.
  • Vendredi à BFMTV a probablement été un coup de chauffe, une façon de prendre confiance avant d’oser tirer ce lundi, à Libération d’abord, sur la Société générale à La Défense ensuite. Il préfère visiblement les environnements fermés, où le nombre de personnes est restreint : la brève attaque à La Défense en plein air et à une heure plus avancée était désorganisée, peu claire…
  • C’est un homme matinal : 7h vendredi à BFM, vers 10h à Libération lundi. De tels dates et horaires laissent supposer qu’il n’a peut-être pas d’emploi. Et qu’il a peut-être une famille, ou du moins des obligations le week-end.
  • Ces dates vont de pair avec un comportement très étrange : si vendredi n’est l’occasion que d’un seul passage à l’acte, lundi voit une accumulation d’évènements. Libération, puis La Défense à 1h30/2h de temps, puis une « prise d’otage » d’un conducteur pour se faire conduire vers l’Arc de triomphe (ce qui démontre un M.O. qui n’a rien de précis, ou un dérangement dans sa façon de procéder suite à son action en plein air).

Tout laisse à penser qu’il y a un choc émotionnel fort, un déclencheur soudain ou du moins violent ; le passage à l’acte est très loin de paraître réfléchi comme le seraient ceux d’un Breivik ou même d’un Merah. Il est totalement probable qu’il n’y ait aucune revendication à ces actes malgré un choix de cibles très symboliques.

Il y a à peine une heure, un homme était arrêté dans le VIIe arrondissement avant d’être relâché. La probabilité de voir le bonhomme dans cet arrondissement de Paris aurait été trop belle. Pourquoi ? Explications.

Si l’on trace des traits entre les points où est passé le tireur, et qu’on effectue par-dessus une triangulation afin d’en trouver le centre, on aboutit un peu au-dessus de la tour Eiffel, de l’autre côté de la Seine.
En prenant en compte le fait que les deux premiers évènements ont lieu à BFMTV et Libération, nous sommes ramenés un peu plus au sud-est par rapport à ce point, soit quelque chose comme ça :

fusillades-01-new

Résultat à ne pas prendre en considération

Cela nous ramène donc… pile sur une bonne partie du VIIe arrondissement !

Mais ce serait trop simple.
Le problème, c’est que ce qui marchait relativement bien dans le cas de Merah, avec une personne utilisant un scooter dans un environnement étendu, ne fonctionne plus du tout avec un piéton dans une ville telle que Paris.
D’autant que la triangulation n’est réellement utile que lorsqu’on a affaire à des passages à l’acte meurtrier avec largage du corps à un autre endroit. Ce qui n’est pas le cas ici, puisque le seul « largage » ici se fait avec une personne vivante, l’automobiliste pris en otage, où un seul évènement fait intervenir deux lieux différents : La Défense et la place de l’Etoile.

Pas de triangulation donc. Mais le problème de déplacement du tireur persiste. A partir de ce moment-là, il faut donc penser Paris autrement pour effectuer un profilage géographique. Il faut penser Paris selon ses transports en commun, et en particulier selon l’axe souterrain du métro !

Les 3 points essentiels de ce lundi, Libération, La Défense, l’Arc de triomphe, se trouvent à peu de choses près alignés sur un axe, celui de la ligne de métro 1.
Libération est rue Béranger, à proximité de Temple (ligne 11) et République (gros point de passage où passent cinq lignes dont quatre croisent la ligne 1, trois d’entre elles assez facilement par Châtelet, Hôtel de ville ou Bastille : les 5, 8 et 11).
A l’inverse, La Défense n’est accessible que par la ligne 1 (ou le RER A, depuis République en passant par… Châtelet ou Gare de Lyon, tous deux sur la ligne 1 également).
Enfin, l’Arc de triomphe, avec Charles de Gaulle Etoile, là encore point multiple puisqu’on y trouve la 1, la 2 et la 6 (plus le RER, mais il me paraît inutile dans le cas qui nous intéresse).

Et avant cela, le coup d’essai de vendredi, 7h du matin, à BFMTV rue d’Oradour-sur-Glane, à Issy-les-Moulineaux. Or, que trouve-t-on dans la proximité de BFM ?
Porte de Versailles et Corentin Celton, sur la ligne 12 d’un côté, Balard de l’autre, sur la ligne 8. Et le tramway, où le tireur a été photographié ; lignes T2 et T3. Or, la ligne T2 qu’il a emprunté ce jour-là remonte jusqu’à… La Défense.

Reprenons donc les lignes les plus évidentes pour croiser les différents points qui nous intéressent, dans n’importe quel ordre. Il y en a 3 qui sortent du lot :

  • La 1, qui relie La Défense à un point de passage potentiel pour relier Libération (via Châtelet, Hôtel de ville ou Gare de Lyon) et qui passe également par Charles de Gaulle Etoile.
  • La ligne T2 qui relie BFMTV à La Défense.
  • La ligne 8, qui nous amène de Balard (terminus) jusqu’à République en arc de cercle, en croisant la ligne 1 à Concorde (pour la croiser un peu plus loin de nouveau à Bastille).

Voilà pour un possible parcours du tireur non seulement dans son passage à l’acte, mais dans sa vie courante.
Notons également que depuis Charles de Gaulle Etoile, on retrouve la ligne 8 par un simple passage par la ligne 6 jusqu’à La Motte-Picquet Grenelle, plutôt que de devoir remonter jusqu’à Concorde pour reprendre la 8 à partir de la 1.

Au-delà, l’heure de passage à l’acte, plus tardive pour Libération que pour BFM, ainsi que la règle régulière voulant que le premier passage à l’acte est toujours plus proche que la suite des évènements laissent donc penser que le tireur est localisé dans le sud-ouest, peut-être le XVe arrondissement plus que le VIIe, ou hors de Paris (ce qui justifierait que son arme puisse en effet servir à de la chasse), mais dans une certaine proximité.
Il est en tout cas évident que cet homme n’a aucune raison de se trouver dans la partie est, ou nord de Paris, espaces qui ne sont pas pris en compte dans sa démarche criminelle.

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Les lignes 1 (jaune), 6 (vert) et 8 (violet) et T2 (bleu)

S’il n’est pas arrêté avant et qu’il reste prisonnier de son schéma, le prochain passage à l’acte du tireur risque d’avoir lieu d’ici jeudi matin.

De vendredi 7h à lundi 10h : environ 75 heures se sont écoulées.
75h après lundi midi (environ) nous amène à jeudi vers 15h.
Considérant que l’aspect matinal entre en jeu dans le Mode Opératoire du tireur, et que le temps entre deux passages à l’acte ne peut probablement que se réduire, il est donc envisageable que quelque chose ait lieu d’ici jeudi midi. Peut-être un retour à La Défense où le tireur n’a pas pris le temps d’entrer dans le moindre bâtiment, contrairement à son M.O. dans les deux cas précédents.

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~ par Zegatt sur 19 novembre, 2013.

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